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31/12/2007

Wrong Direction

Mauvais Chemin…

Je n’oublierais jamais les premiers jours de septembre 1992. Cette période a été la plus marquante de mon existence. J’en ressens encore les conséquences aujourd’hui. A cette époque, je revenais à peine d’un long voyage à travers l’Asie. J’ai parcouru Tokyo, au Japon et Bangkok, en Thaïlande. Nous avions rendu visite à Ricky, le plus jeune frère de papa qui enseignait l’anglais à Tokyo. Avant notre départ en Asie, Papa, ma belle-mère et ma sœur projetaient de déménager de Dallas pour la ville natale de ma belle-mère dans le Mississipi. Quand je suis revenu de mon voyage à l’étranger, ma belle-mère vivait toujours à Dallas avec mon frère, mais papa, lui, était déjà dans le Mississipi. J'ai alors demandé à ma belle mère si je pouvais vivre avec eux. Elle a donc appelé papa pour en discuter, finalement ils ont refusé. J’ai été bouleversé par leur réponse car je voulais absolument échapper à la ville et à toute sa folie. Dés lors j’ai du retourner vivre chez maman.

J’avais auparavant toujours vécu chez maman : Maman a été une bonne mère, mais elle n’a jamais su s’entourer, je veux dire que ses petits copains étaient peu fréquentables. Résultat : je me suis retrouvé à cohabiter avec ma mère et son petit copain qui est devenu mon beau-père. C’était un consommateur de drogue, maman était alcoolique. Au cours de mon enfance, j’ai passé la majeure partie de ma vie avec elle avec parfois des week-ends ou des petits moments avec papa. J’ai été scolarisé dans dix écoles différentes de l’âge de 5 à 16 ans. Quand maman et son mec étaient bourrés, ils se battaient. Ne parvenant pas à les séparer, j’allais chercher mon grand-père pour mettre un terme à leur combat. Quand Keith, le mari de ma maman, était en prison, nous sommes restés avec ses parents. Dès lors, Keith et Moi ne pouvions plus nous supporter. On se détestait au plus haut point. J’avais 14 ans lorsqu’il est sorti de prison, et il n’a pas mis longtemps à battre à nouveau maman. La première fois que j’ai essayé de l'arrêter, il m'a saisi par la gorge et m'a jeté au plancher. Je l’ai signalé à la police et ils sont intervenus et l’ont à nouveau emprisonné. Nous avons plié bagages pendant quelques temps avec ma grand-mère, mais quand il est resorti, nous sommes retournés vivre avec lui. Au début, ça allait, mais il a recommencé à la battre. Quand j'ai essayé d'appeler la police, il m’a pris le téléphone, il a arraché le combiné et j'ai dû aller à une pompe à essence pour appeler la police. Mais quand la police est arrivée, il s’était déjà envolé. Nous avons donc décidé de déménager encore avec ma grand-mère. Nous sommes retournés vivre avec lui à nouveau un peu plus tard. A l’époque, une femme du nom de Betty m'a donné des choses: un vélo, un ordinateur et pleins d’autre choses qu’elle avait récupéré à son travail, ou que les gens lui avait donné, la plupart de ces cadeaux Keith me les a pris et les a vendus ou echangé contre de la drogue. Un jour tandis que j'allais au lycée – à l’époque, je faisais partis de l’équipe de football de l’école -, notre bus scolaire a eu un accident. Ils ont laissé tous les étudiants dans l'autobus et ont prévenus nos parents pour les rassurer de notre état en leur précisant que nous étions capables d’assister à nos cours. A mon retour de l’école, maman et Keith avait fomenté tout un plan pour attaquer la compagnie de transports et ramasser un max de fric… et de drogues. Ils m’ont alors obligé à faire semblant d’avoir mal au cou et au dos. Ils m’ont emmené chez le médecin, j’ai du porter une prothèse et il m’était interdit de jouer au football. Après un mois de rééducation, j’en ai eu ras le bol de cette mascarade et j’ai décidé de quitter ma mère. J'ai vécu avec un copain d'école et j’ai commencé à trainer avec des types qui étaient pas très clair et qui faisaient des choses illégales : vol de voitures et deal en tout genre. Puisque maman ne m'avait jusque maintenant jamais donné d'argent puisqu’elle même n’en avait pas ou peu, quand j'ai vu tous ces mecs avec du fric, avec de quoi s’habiller et de quoi manger… et bien je m’y suis mis moi aussi et ce malgré les arrestations.

Tout ces problèmes de familles, ces comportements de bandit ont eu lieu au moment où mon oncle m’a demandé de le rejoindre à Tokyo, il le faisait pour me tenir éloigné de tout ça. C'est d’ailleurs pour cette raison que j’ai demandé à papa de le rejoindre au Mississipi à mon retour à Dallas, je voulais tourner la page. J’avais 16 ans. Je ne voulais plus de cette vie là. Mais quand on a 16 ans on n ‘a pas d’autre choix que de vivre chez sa mère. Je suis retourné à l'école mais ça n’a pas porté ses fruits bien au contraire les problèmes et les vieux démons ont resurgis. J’ai donc fini une première fois en prison pour cambriolage. Un an après, je suis sorti, j’avais 18 ans. Je me suis retrouvé dans ce même environnement, et à 19 ans je suis retourné en prison pour cette fois ne pas en ressortir mais attérir dans le couloir de la mort.

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Wrong direction

The beginning of september, 1992 is something I wil never forget. I think maybe this time was the most important time in my life and played a significant role in which way my life went. At this time I had just come from a month long trip in Asia. Tokyo, Japan and Bangkok, Thaïland is where I went. I visited my dad’s youngest brother Ricky who was an english teacher in Tokyo. Before I left for this trip, my dad and stepmom and sister where in the process of moving from Dallas, Texas to my stepmom’s hometown in meridian Mississipi. When I got back from my trip over seas, my stepmom was still in Dallas living with my brother but my dad had already left. I told my stepmom I wanted to move with them so she called and asked my dad if I could come with her, but she said no. I was greatly disapointed inside because I wanted to escape the city life and all its madness. So now I would have to go leave with my mom again. She was a good mum but not good in her choice of men. Here is the thing I have went through in my life before going on this trip, with her boyfriend and, on and off again husband. He was a drug user and her an alcoholic. Growing up I lived mostly with my mum but sometimes I would live with my dad for a litle while. I went to ten different schools from 5 years to 16 years old. My mum’s and her siblings all drunk alcohol and they would fist fight each other. We as kids would have to go and to set my grandfather to make them stop fighting. When my mum’s husband Keith was in prison, we stayed with his mum and dad. Me and Keith could not get along and disliked each other. Once he got out of prison I was like 14 and it wasn’t long before he started bitting on my mom. I tried to stop him the first time and he grabbed me by the throat and threw me to the floor. I went and called the police and they came, took him to jail. We moved with my grandmother for a time but when he got out of jail, we moved back in with him. After a while he started to bit her again and when I tried to call police, he had took the phone off the hook so I had to go a gaz station to call police. But when they came he ran away. We moved again with my grandmother. After he got out we moved back with him again. This lady named Betty gave me things like a bike, computer and whatever she could from her job, where people donated things, most of these gifts he took and sold for drugs. While I was going to hightschool, I played football and one morning I was ridding the citybus to school and there was a bus crash. They left all the students on the bus call our parents to let them know we were allright, and would continue on to school. Once I got home from school that day my mom had come up with a plan to sue the bus company for money. They wanted me to pretend I hurt my neck and back. So they took me to a doctor and I had to wear a neck brace and couldn’t play football anymore because of this. After a month of going to therapy I got tired of pretendin and ran away from home and refused to do it anymore. I lived with my friend from school and started anging around guys who were into illegal things. They were stealing cars and selling drugs. Since my mom never gave me money or had any, when I saw this guys had money whenever they wanted I started doing the things they were doing with this come arrest by police. When I started getting in trouble and having this familly problems, this was when my uncle wanted me to come in Tokyo to get away everything for a while. Once I got back to Dallas, that’s why I wanted to go to mississipi with my dad at 16. I wanted to leave all this past behind me. I didn’t believe I could take no more of this type of living. But being only 16 with on choice I lived on with my mum. I went back to school but nothing but trouble followed once and I got back. By MI ended in prison for burglary. Did one year and got out at 18 went to live back in the same invironment and was in prison again by 19 for robbery to never get out again to end up right here on deathrow.

27/12/2007

Une marche à gravir pour avoir la vie sauve

Tout le monde a un chemin tracé dans la vie, une destinée … Mon chemin vient de prendre une nouvelle tournure, et j’espère qu’il me mènera vers de meilleurs lendemains. Désormais, je me sens la force de conquérir le monde. Je pensais que la prison avait ruiné tous mes espoirs et c’est bon de découvrir les surprises que la vie nous réserve.  Après votre rencontre (vous chers lecteurs), après avoir lu les commentaires [mêmes les plus curieux] que vous m’avez laissés, j’ai réalisé que malgré ma situation, la vie m’avait fait une très belle surprise : je vous ai rencontrés. La vie nous réserve tellement de surprises, nos chemins peuvent se croiser pour de nombreuses et diverses raisons : l'amitié, l’amour, les associations, la solitude, l’ennui, la  sympathie… Ce blog c’est pour moi une aubaine: je peux être entendu.

Sincèrement, le chemin sur lequel je me trouve aujourd’hui est une épreuve que je dois remporter coûte que coûte. C'est un défi pour moi parce que la vie m’a semé beaucoup d’embuches. Là où je suis enfermé, j’ai découvert pas mal de choses, malgré tout, et je me remue pour en découvrir encore et encore… Mais finalement vous pourriez me demander, après quoi est ce que je cours ? Et bien je crois que c’est après l’épanouissement et la stabilité. Les contacts électro-épistolaires que nous avons eus m’ont démontré que j’avais encore de nombreuses choses à découvrir. Ça a l’air insignifiant, mais c’est une marche à gravir pour avoir la vie sauve. En résumé, ça me permet d’apprendre pour vivre et de vivre pour apprendre.

Je n’ai auparavant jamais rencontré de personnes qui comprennent ce que représente la notion de chance. Et vous ? Et toi, toi et toi ? Me donnerez-vous une chance ? Tout de ceci, ce blog, ces commentaires et ces mails… Pourraient-ils être le commencement de grandes et nouvelles amitiés ? Avec un certain attachement et beaucoup de dévotion comme fer de lance, rien ne pourrait nous arrêter. Nous pourrions alors prendre des décisions progressistes et productives. Impulser le changement ! Ce qui me touche le plus en découvrant la belle équipe que vous formez -vous internautes- c’est que vous me voyez comme une personne à part entière.  Même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, cela doit-il nous interdire de profiter de cette providentielle rencontre ? Je veux avoir le temps de voir comment ce blog va impulser la naissance d’un groupe de personnes enthousiastes et positives.

Je dois mener mes projets à terme et je dois me fixer des buts, et ce avant que l’Etat ne me tue. Par ce blog, j’ai l’occasion de frapper à cette porte qui s’ouvre sur le monde, me répondra t’on ?

Finding a Path

Everybody has a path in life and mine took a drastic turn for the better. Now I feel like I could conquer the world. Prison I thought ruined my hopes of discovering all the good that’s hidden in life. But after meeting positive people and hearing the curiosity in their words I knew life could be good event in my situation. People cross our path’s for different reasons, from friendship, romance, legal help, loneliness, boredom, sympathy to just be plain heard.To be honest the path I’m on I’m there to win. This is a challenge to me because life has hurdles and secrets like those in the oceans and the seas. I’ve discovered a lot so far alone but I keep moving, what I am searching for? Being complete and stable. My interactions with everyone made me realize I am not complete. It doesn’t take anything but a step to live and learn and learn to live. I have never really ran into people who actually understood chances. Do you? Do you, you and you? Will you give me a chance? Could all of this can be the beginning of future friendships? With some dedication and devotion to what we could stand for, there would be no stopping us. Making decisions that are progressive and productive. What I am missing is the team I see in all of you, people that believe me as a person. Even thought we haven’t meet, should we let that stop us from enjoying what fate has brought together. You are like flowers ready to bloom and with water and attention you can become the most sought after flower in the yard. I want to see as we all grow into great and positive people. I need to get in a situation or in a position to accomplish goals before the state tries to kill me. Opportunity does knock but who is going to answer that knock?

 

21/12/2007

Interview entre condamnés à mort

«Faire bouger les choses»

Dans les semaines à venir, je compte interviewer mes codétenus du couloir de la mort. Cette première entrevue est consacrée à Kevin Watts. Ces échanges sont  l’occasion de partager nos points de vue et nos  pensées avec vous qui vous interrogez peut-être à notre sujet et sur notre situation. N’hésitez pas à nous poser des questions.

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Travis : Quelle est l'idée fausse la plus répandue chez l’opinion publique à propos de la peine de mort?
Kevin : Que ce qui nous arrive ne pourrait jamais leur arriver à eux ni à l’un de leur proche. Je veux dire… disons que l’un de leur proche commette un crime qui le conduise à la peine de mort. Tous leurs préjugés, leurs perceptions changeraient. La peine de mort deviendrait alors une profonde injustice. Par conséquent avant de porter un jugement sur l’un ou l’autre, je les invite à se mettre à notre place, et là enfin, qu’ils se mettent face à cette évidence : souhaiteriez-vous la peine de mort à cet être cher ou à un autre ?

Travis : Considères-tu que tu as été défendu correctement à ton procès?
Kevin : Dans un sens oui, dans la mesure où les avocats sont formés au droit pénal et connaissent la loi. Mais, ai-je disposé d’une défense appropriée, équitable je dirais : non ! Puisque bien qu'ils aient été formés et qu’ils connaissaient la loi, pourquoi n’ont-ils pas plaider pour sauver ma vie comme si je leur avais payé des milliers ou des millions de dollars ou alors encore comme si j'étais innocent ? On peut tout obtenir en payant ; mais on te considère comme un sous homme à partir du moment où ils te regardent comme un coupable.

Travis : Si tu avais l’opportunité de changer une chose dans ta vie, que ferais-tu?
Kevin : J’aurais poursuivi mes études. J’aurais pu aller loin avec un diplôme plutôt qu’un casier judiciaire. J’éprouve beaucoup de dénigrement et de dépit pour la pauvreté, mais je lui suis reconnaissant parce qu'elle m'a enseigné de nombreuses valeurs et j’entends bien sûr un autre sens que le sens factuel du mot pauvreté, je ne me limite pas à sa définition lexicale.

Travis : As-tu été soutenu par ta famille depuis ton emprisonnement ici?
Kevin : Financièrement, non ! Physiquement, non ! Psychologiquement, spirituellement, émotionnellement ? Oui, oui et oui ! Les souvenirs des moments partagés et construits me permettent de m’évader de cette situation atroce. Bien qu'ils ne soient pas présents ici comme je le voudrais, ils le sont quand même à leur façon et c’est le plus important… Tirer le meilleur, même dans la pire des situations : une chose que j'ai apprise au cours de ma vie. Ils ne m'aident pas dans les démarches judicaires, ils ne viennent pas me voir souvent ou m’écrivent rarement, mais il me reste leur amour. L'amour vrai est le pire que tu sois riche ou pauvre et ce jusqu'à la mort et après.

Travis : Que ressens-tu quand tu penses à la victime de ton crime?
Kevin : Je ne peux pas me maudire, mais il existe une expression qui résume bien mon état d’esprit, «j’ai tout foutu en l’air !». C'est un cycle, tu vois, ils ont été considéré victime par une victime et ainsi de suite. J’aimerais tellement revenir en arrière,  personne ne mérite d'avoir sa vie entre les mains d'un autre humain. Viendra alors Thanksgiving, Noël, les anniversaires ou quoi que ce soit… que des familles vont vivre seuls ! Elles ont désormais en leur sein qui ne sera jamais comblé… Savoir que je suis responsable de tout ça me fout en l’air… non pas parce que je suis dans le couloir de la mort, à attendre une mort plus que certaine, mais parce que je suis cet humain…Un humain qui a la capacité de donner et inspirer la vie. C’est vraiment ce que je ressens. Personnellement, je te mentirais si je te disais que j’ai ressens autre chose car je ne le connaissais pas personnellement.

Voici ma petite interview de Kevin Watts. Si vous avez des commentaires merci de me le faire savoir !

Pour écrire à Kevin qui recherche également des correspondants:

Kevin Watts 999456
Polunsky Unit
3872 FM 350
Livingston TX 77351 USA


Loose Change

For the next several weeks I will be conducting interviews with my fellow death row inmates. This first interview is of me, Travis, asking Kevin Watts questions. This is an opportunity for us to share our views and thoughts to people who wonder about us and what we go through. Please free to ask us questions.

Travis: What is the public’s #1 misconception about the death penalty?
Kevin: That this couldn’t happen to them or one of their loved ones. I mean let’s say someone dear to them happens to commit a crime that requires the death penalty. All perceptions would alter. What’s justice would become injustice. So before you or anyone posse’s judgment on someone put yourself in those shoes and would you wish the death Penalty on self or loved one.

Travis: Did you have adequate representation at trial?
Kevin: Yeah considering the fact they were trained for criminal law and know the law. But sufficient representation, NO! Because even though they were trained and know the law, they didn’t fight to save my life as if I’d paid them millions or thousands of dollars or if I was innocent. You get what you pay for and people tend to look at you as less than human if they figure you’re guilty.

Travis: If you could change one thing in your life what would it be?
Kevin: I would have stayed in school. I could have gone a lot further with a diploma then a criminal record. I despise poverty, but I’m grateful because it taught me value and I’m not talking about the definition from the dictionary.

Travis: Have you had the support of family since your incarceration?
Kevin: Financially, no! Physically, No! Emotionally, spiritually, soulfully? Yes, yes and yes! The memories and moments we shared and created get me trough this madness. Though they aren’t here as would want they are, here is some way and that’s what matters… just making the best out the worse; something I have learnt to do throughout my life. They don’t help me on my case, don’t come see me or write much, but the love remains. True love is better and worse, rich, poor, till death and beyond.

Travis: How do you feel about the victims of your alleged crime?
Kevin: I am not able to curse, but it’s 2 words that would express how I feel, I will sub the words with it “Messed up!” It’s a cycle you see, they were victimized by a victim and so on. I really wish I could turn back the hands of time, coz nobody deserves to have their lives in another human’s hand. Come Thanksgiving, Christmas, Birthdays or whatever. There is a gap that will never be filled in by their family… knowing that I am responsible of that, messes me up, not coz I am here on death row, awaiting my death, but coz I am human. A human that has the ability to give and inspire life. Emotionally, that’s what I feel. Personally, I’d be lying if I said I felt something coz I don’t know them personally.

This conducts my short interview with Kevin. If you have any comments please let me know...


19/12/2007

Un vrai ami

Je voudrais partager avec chacun d’entre vous les mots que j’adresse à un vrai ami.
À Vincent « Flaco » Gutierez, exécuté le 28 mars 2007, paix à son âme.
Mon esprit est tourmenté, mon cœur brûle de tristesse.
Un homme que je considère comme un ami a été tué. Parfois, c’est difficile de l’admettre car j’ai l’impression qu’hier encore Flaco déambulait dans le hall avec sa petite barbichette et sa coupe de Johnny Depp. Nos cellules accolées l’une à l’autre nous ont permis de tisser des liens et de faire des projets ensemble. Si je prenais un potage il faisait de même, s’il passait commande à la supérette de la prison, j’y avais le droit moi aussi.
J'ai fini par découvrir en cet homme une vraie personne, avec des rêves, des valeurs, des sentiments, choses que ses bourreaux n'ont pas pris la peine de faire. Nous avons partagés nos pensées sur la vie et nous nous sommes rendus compte de combien nous apprécierions de vivre librement encore. Tout cela le remplissait de joie et d’inspiration.
Je n’ai rencontré personne ici dans le couloir de la mort qui ait quelque chose à dire au sujet du Flaco. Il a pris quelques mauvaises décisions dans la vie mais cela n’a pas altéré la nature de son cœur et de ses sentiments. Flaco était un homme bon. Souvent je me demande comment les derniers jours de la vie l'ont affecté ?
L’unique chose qui nous opposait c’était le sport, Flaco supportait les San Antonio Spears et moi l’équipe des Dallas Mavericks, mais ce qui nous réunissait par-dessus tout c’était l’amour de la vie. Et nous avons trinqués en l’honneur de la vie.
Je ne suis pas inquiet de ce qui l’attend là où il est maintenant, parce que son cœur et son âme étaient droits.
Son meilleur conseil : Vivre la vie avec passion et regarder son destin en le considérant comme une des multiples épreuves que nous réserve la vie.
Flaco, mon ami, où que tu sois, saches qu’on ne t’oublie pas… je ne t’oublie pas…
Le témoignage de ta vie et de celui que tu as été survivra à travers mes pensées et mes mots.
Je te salue mon frère de vie et d'esprit.

To Vincent Flaco Gutierez, RIP 3/28/07
I would like to share with everyone my words to a true friend.
My mind is churning, while my heart is burning. A man I considered a friend was killed by sanctioned murder. Sometimes it is hard to believe because it seems as if it was yesterday that Flaco was walking around the dayroom with his 4 inch goatee and Jonhny Dep like hair (from the movie blow). While we lived in cells next to each other we bonded with each other from day one and did a few projects together. If I had soups he had soups, if he had commissary, I had commissary. I got to know this man as a person something his executioners didn’t bother to do. We got to share our thoughts about life and how much  we would enjoy to live free again. He was filled with inspiration and joy. I have yet to meet a man on death row with something to say bad about flaco. He might have made some bad decisions in life but it didn’t change the nature of his heart. Often I wonder how the last days of life affected him if any? Even though he was a San Antonio spears and I was a Dallas mavericks fan, we were both fan of life. So we cheered together. I am not worried or in fear of this fait after life because I know his heart and soul were in the rights place. Living life with a passion and looking at his fate as one of life’s many obstacles. So I say to you Flaco my friend even though you are gone, you are not forgotten. Your legacy will continue trough my thoughts and words. I salute from my brother in life and spirit.

17/12/2007

Mon souhait

Mon souhait !
J’ai un souhait à partager avec vous tous.
J’aime les cartes postales, cartes de vœux… J’aime les regarder et les collectionner.
Ce que je souhaite c’est en recevoir, recevoir une carte de vous qui lisez mes mots sur ce blog.
Vous pouvez m’en envoyer à chaque saison, pour une fête, une carte de votre ville ou votre village.
Les jours de courrier dans le couloir de la mort sont des jours de fêtes,
Merci de votre temps et de votre considération.
PS : Je ne serais pas en mesure de répondre à chacune de vos cartes mais à défaut, signez les de vos prénoms… et je vous répondrais de manière globale via le blog

Making a wish!
I would like to let everyone know that I have a wish to share with you.
I love greetings card to look at and collect.
What I wish is that I could receive greeting through the mail from everyone who looks at my blog.
It can be for every season or holiday, it doesn’t matter.
Thank you for your time and consideration.
PS: If you do send one, make sure you sign name.

12/12/2007

Ma réponse: Rêves Brisés

A l’attention des intéressés…

J’aimerais commencer cette lettre en vous saluant tous et en vous remerciant pour tous vos commentaires, messages et mails. En raison de l’important nombre de mails, je ne peux me permettre de formuler de réponses individualisées. Cette lettre constituera une réponse globale. Si vous souhaitez une réponse directe et précise à l’une de vos questions, je vous invite à m’écrire à mon adresse postale, en prison.

A ceux qui n'avaient pas de bonnes choses à dire, à ceux qui ont laisé des messages de haine et de méchanceté, je vous respecte pour votre franchise et votre honneteté.


En découvrant vos positions à travers vos messages, je peux me faire une idée de l’étendue de vos connaissances, des clichés que vous avez en France… Je vous prierai s'il vous plaît de ne pas m’étiqueter ou de faire de moi un stéréotype trop rapidement.

Est-ce si commun de nous juger moi et les miens aussi rapidement, sans prendre en compte les préjudices ou les élements qui nous auraient conduit à l’endroit où nous nous trouvons? Pour ceux qui me soutiennent et qui croient en moi, je vous demande de me juger le plus honnêtement et sans scrupules.

Je n'ai rien à cacher et je vous exposerai volontier les raisons qui m’ont mené à mon emprisonnement dans le couloir de la mort.

J’ai fait appel de ma condamnation, cet appel vient d’être rejeté.


J’ai été emprisonné dans un quartier de prisonniers de la société civile où je purgeais une peine de 70 pour vol (pour récidive, j’avais pris 5 ans pour cambriolage). J’étais libre de mes mouvements en journée, je pouvais aller vaquer à mes occupations et j’avais la possibilité de travailler, le tout dans l’enceinte de la prison. Je disposais du statut de “résident”. Pour accéder à ce statut, il faut avoir une conduite irréprochable, ne pas jouer au perturbateur. Pour obtenir un permis de travail en prison, les autorités pénitentiaires consulte l’historique de vos incarcérations, elles vous interrogent de manière à définir si on peut vous faire confiance. On vous fait ensuite passer une serie de test psychologiques. J’ai passé tous ces tests. Pourquoi? Parceque je ne suis pas une mauvaise personne. Mon coeur n’est pas mauvais, et ne le sera jamais. Je ne suis ni diabolique, ni machiavelique. Je dois admettre que j’ai commis de nombreuses erreurs et j’ai fais de mauvais choix aussi, mais cela fait t’il de moi une mauvaise personne? Si j’étais parfait je ne serais pas humain pour autant.

Tous ceux d’entre vous qui souhaiteraient me connaître en tant qu’individu lambda doivent le faire en essayant de déceler la part de bon qu’il y a en moi. Je ne vous pousse pas à tirer de quelconques conclusions bien qu’en général, elles viennent d’elles-mêmes. Chaque jour qui passe est une bataille que je mène contre moi-même pour faire de moi un meilleur homme qu’hier.

Ce que je suis sur le point de partager avec vous, je m’étais convaincu de ne pas le faire sur ce blog. Mais avec tous les remous, les émois provoqués par certains commentaires, je dois vous confier quelques-uns de mes sentiments.

Je ne suis pas un sans coeur, je ne suis pas un assassin sanguinaire. Je suis quelqu’un à votre image, j’ai des sentiments, des émotions qui me pèsent chaque jour depuis le décés de cet homme que je suis accusé d’avoir tué.

Que je sois coupable ou non, le fait est qu’un homme est mort. Aujourd’hui, il y a des enfants privés de père, d’autres privés d’oncle, une soeur sans son frère, et une mère et un père qui pleurent leur fils. Ces pensées m’obsèdent. Je connais la peine de cette blessure, je connais également la peine d’une telle perte! Ce qui m’interloque, c’est que beaucoup de gens ne comprennent pas ces pensées.

Vivre cloîtré dans une cellule exigue 23 heures sur 24 entouré de gens qui ne savent rien de moi, de mon histoire et de ma situation, mais qui se sont fait une opinion trés précise de ce que je suis, me mine.

Avez-vous déjà croisé le regard de la mort? Moi oui et je ne l’oublierai jamais. Il y a quelques mois, alors que j’avais rendez-vous avec un avocat et que je me trouvais dans l’un des box destinés aux visites, le box voisin était occupé par un gars dont l’éxecution était prévue le lendemain. Nos regards se sont croisés, il m’a salué d’un clin d’oeil, et au même instant je découvris la mort dans ce regard.  Il est mort par injection létale le lendemain.

Ne souhaitez jamais à quelqu’un une chose dont vous n’avez pas connaissance.
Même si je sais c’est tiré d’un bouquin:”ça nécessite beaucoup de travail, de la chance, pas mal de sacrifice et une bonne dose de patience;”

PS: La phrase du moment dans mon unité, A méditer!
 “Plus on traîne à se trouver un avocat, moins il a de temps pour nous sauver la vie”
 
BROKEN VISIONS

To everyone who inquired…

Let me start off by greating everyone with a hello and thank you for all the comments and messages. Due to a large number of e-mails I cannot respond to each one individualy and wiil do it as one. But if you wish a direct response to me you have to write to me at my prison address. Those that didn’t have good things to say, I respect you for your honesty and want to know how evryone feels. But knowing evryone’s thoughts I can begin to understand the things you may not know about or are aware about. Please do not be so quick to label or stereotype that type of person I am.
Are your prejudices and bases so deeplys ingrained that you judge me and my hole being as a person baseds soley on one incident
Even those who believe in me I ask you alos to judge me by hox I present and conduct myself. I have nothing to hide and would gladly tell everyone the whole situation that lead to my confinement on death-row. Being that my case is still in court on appeal I don’t think that would be a decesions.
I’m not gonna let my want for acceptance averule my common sense. This much I will tell you is that I was a inmate in genral population that was allowed to walk around and work at different jobs. (a trustee inmate).

To get this status you must not be a trouble maket and cause problems. Before you are allowed to work or do this type of  things, they chack your prison history, interview you and ask you all type of questions to be sure you can be trusted. They even have you take psch. tests. I passed all these tests. You know why? Because I am not a bad personn at heart and never will be. The fact is it’s not just in me to be an evil person.
I will admit I’ve made some bad decisions in my life but does that define me as a person? If a I was perfect, I wouldn’t be a human then.

Everyone that gets to know me as a person gets to see the good that exists within me. It’s not something I push upon people but a conclusion they come to themselves.  Everyday is a battle for myself to make myself better today than I was yesterday.
What I’m about to share with you is something I said I wasn’t gonna put on this blog. But with there being so many emotions in people’s comments I’ve decided to reveal to you some of my feelings. I am not some heartless and cold blooded killer that loves the sight of blood. I am a personn with feelings and emotions that struggle everyday with the death of the man Im accused of killing.  If I am guilty or not the bottom line is a life has been lost. There are kids without a father, kids without an uncle, a sister missing her brother, a mom and dadwithout there son.

These thoughts are constantly on my mind. I know the pain of hurt, the pain of lost ! What’s so strange to me is a lot people who don’t understand this logic of thought. To walk around a cell 23 hours a day with people who know nothing about you or your situation but yet convinct you with personal opinion. Have you ever looked in to eyes with death in them? I have and it’s something you never forget. A few months ago, I was ging to visit with my lawyer and as I was going in the both the one next to mine was occupied by a guy who had an execution date the next day.  We made eye contact and right at the same time I saw the death in his eyes. First time in my life I saw death and sorrow as one. He was executed the next day. Never wish something one someone you have no concept of. A quote from a book I read : “It requires hard work, a bit of luck, a fair amount of self sacrifice, and a lot of patience.”

#1 bolg quote:
“The longer it takes to hire an attorney, the less time he has to save my life;”

 
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