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14/04/2008

Je voulais devenir Pompier

Petite interview de moi réalisée le 17 décembre dernier.

Kevin: Quelle incidence les visites ont-elles sur toi ?

Travis: Les visites ont un double effet sur moi. Lorsque j’obtiens une visite, je ressens beaucoup d’enthousiasme… Un sentiment assez unique compte tenu de cet emprisonnement. Je n’ai pas l’occasion de passer du temps avec les gens qui se soucient de moi, encore moins de manger et de parler, c'est une telle bénédiction. Les jours de visite, le pire des moments, c'est quand c'est fini et le temps de partir. Le retour à ma réalité est très douloureux.

Kevin: Petit, quelles étaient tes ambitions, que voulais tu devenir ?
Travis: Je voulais devenir pompier. Lorsque j'étais à l'école primaire, nous avons visité une caserne de pompier. J'ai adoré les camions et les valeurs qu'ils portaient. Du coup, j’ai voulu devenir chauffeur de l’un de ces camions. Mais tous ces rêves sont partis en fumée, car l’appel de la rue et de ses illusions m’ont emporté.

Kevin: Peux tu nous parler du tapage qu’il y a autour des appels faits par le juge Sharon Keller?
Travis: Il n'ya pas de tapage, c'est une explosion! Cette femme Sharon Keller est responsable de la mort et l'exécution de Michael Richards. Elle lui a refusé le droit à ce que sa cause soit entendue en appel pour sauver sa vie au dernier moment. Elle devrait être enfermée dans l’une de nos cellules.
Kevin: Quel est ta plus précieuse arme (un souvenir peut être) pour résister dans les moments difficiles?
Travis: En général, je laisse mon esprit divaguer, se remémorer l'époque où j'étais enfant, lorsque j’étais insouciants et innocents. On s’amusait, on ne se souciait de rien.. Ces souvenirs me permettent de traverser les moments difficiles ici.

Kevin: A l’approche de Noël et du Nouvel An, quel est ton état d’esprit ?

Travis: Je pense à ma famille et aux réunions de familles que nous organisions chaque année. Je suis assis dans cette cellule seul et je suis dépité. Nous avons partagé de tels moments en famille, avec mes cousins. Tout le monde avait des cadeaux à ouvrir. J’aime ces quelques souvenirs de gosse. 

Kevin : How do visits have an impact on you ?

Travis : Visits impact me positively and negatively. When you get a visit it’s greatest feeling you can get in prison, to be able to spend time with me one who cares about you, eating and talking is such a blessing. But the bad part is when it’s over and time to leave. It hurts so much inside go from having a good time to back in this cell.

Kevin : When you were a kid, what did you have aspirations of being ? (Please explain why and what happened)

Travis : I wanted to be a fire fighter when I was in grade school we would so visit the fire station across from our school. I loved the trucks and the wits they wore. Also I wanted to be a truck driver. But all these dreams went up in smoke because the streets came calling with false dreams.

 Kevin : What is the uproar about concerning an Appeals Court Judge name Sharon Keller ?

Travis : There is no uproar, it’s an explosion ! This woman Sharon Keller is responsible for the death and execution of Michael Richards. She denied him the right to have his case heard on appeal to save his life at the last minutes. She should be given one of the emply cells they have there.

Kevin : What’s your most precious / fondest memory, you use when down and out ?

Travis : I let my mind drift back to when I was a kid and I was so carefree and innocent. Just having fun not worrying about the negative things in society. This helps taking away some of the hard times on me. 

Kevin : With Christmas passing and New Years approaching what’s going threw your mind ?

Travis : My family and the gatherings we had every year. As I’m sitting in my cell all alone this really goes threw my mind. We had so much fun together me and all my cousin’s. Everyone had gifts for each other to open. These are some of my fondest memories as a kid.

14/01/2008

Survivre ou sombrer

Voici une nouvelle interview réalisée avec Kevin le 22 décembre dernier. 

Travis : Pourrais tu expliquer aux lecteurs pourquoi ils doivent s’opposer à la peine de mort ?

Kevin : Quand une lionne donne naissance, la lionne allaite, enseigne et protège son petit jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour survivre dans un environnement hostile où seuls les plus forts survivent. Tant de personnes ont été supprimées pour survivre dans une atmosphère qui dicte vos décisions et qui est nuisible à votre personne.

Travis : Comment décrirais-tu ton état d'esprit, ta situation à l’époque où tu as commis ton crime ?

Kevin : J’avais le choix entre survivre ou sombrer dans  la pauvreté. Mon obsession : nourrir et habiller mes filles, payer mes factures et ce par tous les moyens. Pour ceux qui ne me connaisse pas, j'ai été viré de l'école à cause mon absentéisme et non de mes résultats scolaires. Ça m’a mené à la rue où j’avais deux alternatives : crever ou survivre.

Travis : On connait l’importance du paternel dans l’épanouissement des enfants, disposais tu d’un référent masculin ?

Kevin : A l’âge de 4 ou 5 ans, ma mère et ma tante n’ont pas eu d’autre choix que de jouer le rôle du père : il s’est cassé. En tant que garçon, je ne les ai pas acceptés… avec du recul je me dis que c’était vraiment des pères, ces deux bonne-femmes ! Donc j’ai eu peu de considération pour les adultes et ce jusqu’à ce que je murisse pour me rendre compte de l’importance du rôle que ces deux femmes ont joué dans ma vie. Voilà à quoi ressemblait la figure du « père » dans mon enfance.

Travis : Qui t’a enseigné les notions de responsabilité, de respect et le fait d'être un homme ?

Kevin : Je dirais plutôt « qu’est ce qui » ! La rue m’a tout appris. Les expériences comme : Etre responsable de moi-même, le fait de ne rien avoir, le fait d’avoir trahi m’a permis de grandir plus vite que les autres… Dans la rue, personne ne te respecte si tu n’as pas de fierté. Personne ne te tendra la main, si tu ne montres pas que tu es capable de te gérer, de faire tes preuves et de montrer que toi aussi t’es un dur  !

Travis : Ca ne fait pas très longtemps que tu es là dans le couloir de la mort, mais ces quelques années t’ont-elles changée?

Kevin : Maintenant, je pense plus clair et plus droitement. Beaucoup de stress et de pressions s'étaient accumulés au cours d’années de course et d’ennuis en tout genre. Je suis reste le même, Kevin, juste sobre. Vous entendez parler seulement du crime qui finalement ne représente que 2 heures de ma vie : avant j’avais vécu 26 ans. Il y a eu tellement d'heures dans ma vie dont ne connaissez rien: bonnes ou mauvaise heures de la vie, comme chacun d’entre nous sur cette planète.

« Loose Change II»

December 22th, 2007

Travis : Could you explain to people why they shouldn’t believe your reason for being against death penalty, is because you are on death row?

Kevin: When a lioness gives birth, the lioness feeds, teaches and protects the cub until its old enough to stand on it is on to survive in a environment where only the strong survive. So many people have been eradicated for surviving in an atmosphere that dictates your decisions and is detrimental to your person.

Travis: How would you describe your mind state in life at the time of your crime?

Kevin: My mind states were surviving or succumb to poverty. Put food on the table, pay the bill and clothes on my daughters back by any means. For those who don’t know me, I was kicked out of school because of absences (not due to my academic skills) which led me deeper into the streets survive or succumb.

Travis: Did you have a father figure in your life growing up?

Kevin: My mom and aunt adapted to the shoes my father left behind when I was 4 or 5. As a boy, I didn’t accept them as I see them now, father figures. So I segregated woman’ Man, and it wasn’t till I was older that I realized the roles they carried out. A father figure being one.

Travis: Who taught you about responsibility, respect and being a man?

Kevin: More like what! It was the streets that taught me. The experiences of being on my own, having nothing, being betrayed forced me to grow up quick, because nobody respects you if you don’t have self respect. Ain’t anybody feeling sorry for you if you are not able to stand on your own two feet-tough love!

Travis: How have the last few years on death row changed you as a person?

Kevin: I’m thinking more clearly and straight. All pressure and stress had built up over the years of ripping and running. I’m still the same Kevin, just sober. You only hear of the crime that probably lasted 2 hours. I’ve been living for 26 years. There is so many hours of my life you haven’t heard, good and bad hours, like everyone on the face of this earth.

21/12/2007

Interview entre condamnés à mort

«Faire bouger les choses»

Dans les semaines à venir, je compte interviewer mes codétenus du couloir de la mort. Cette première entrevue est consacrée à Kevin Watts. Ces échanges sont  l’occasion de partager nos points de vue et nos  pensées avec vous qui vous interrogez peut-être à notre sujet et sur notre situation. N’hésitez pas à nous poser des questions.

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Travis : Quelle est l'idée fausse la plus répandue chez l’opinion publique à propos de la peine de mort?
Kevin : Que ce qui nous arrive ne pourrait jamais leur arriver à eux ni à l’un de leur proche. Je veux dire… disons que l’un de leur proche commette un crime qui le conduise à la peine de mort. Tous leurs préjugés, leurs perceptions changeraient. La peine de mort deviendrait alors une profonde injustice. Par conséquent avant de porter un jugement sur l’un ou l’autre, je les invite à se mettre à notre place, et là enfin, qu’ils se mettent face à cette évidence : souhaiteriez-vous la peine de mort à cet être cher ou à un autre ?

Travis : Considères-tu que tu as été défendu correctement à ton procès?
Kevin : Dans un sens oui, dans la mesure où les avocats sont formés au droit pénal et connaissent la loi. Mais, ai-je disposé d’une défense appropriée, équitable je dirais : non ! Puisque bien qu'ils aient été formés et qu’ils connaissaient la loi, pourquoi n’ont-ils pas plaider pour sauver ma vie comme si je leur avais payé des milliers ou des millions de dollars ou alors encore comme si j'étais innocent ? On peut tout obtenir en payant ; mais on te considère comme un sous homme à partir du moment où ils te regardent comme un coupable.

Travis : Si tu avais l’opportunité de changer une chose dans ta vie, que ferais-tu?
Kevin : J’aurais poursuivi mes études. J’aurais pu aller loin avec un diplôme plutôt qu’un casier judiciaire. J’éprouve beaucoup de dénigrement et de dépit pour la pauvreté, mais je lui suis reconnaissant parce qu'elle m'a enseigné de nombreuses valeurs et j’entends bien sûr un autre sens que le sens factuel du mot pauvreté, je ne me limite pas à sa définition lexicale.

Travis : As-tu été soutenu par ta famille depuis ton emprisonnement ici?
Kevin : Financièrement, non ! Physiquement, non ! Psychologiquement, spirituellement, émotionnellement ? Oui, oui et oui ! Les souvenirs des moments partagés et construits me permettent de m’évader de cette situation atroce. Bien qu'ils ne soient pas présents ici comme je le voudrais, ils le sont quand même à leur façon et c’est le plus important… Tirer le meilleur, même dans la pire des situations : une chose que j'ai apprise au cours de ma vie. Ils ne m'aident pas dans les démarches judicaires, ils ne viennent pas me voir souvent ou m’écrivent rarement, mais il me reste leur amour. L'amour vrai est le pire que tu sois riche ou pauvre et ce jusqu'à la mort et après.

Travis : Que ressens-tu quand tu penses à la victime de ton crime?
Kevin : Je ne peux pas me maudire, mais il existe une expression qui résume bien mon état d’esprit, «j’ai tout foutu en l’air !». C'est un cycle, tu vois, ils ont été considéré victime par une victime et ainsi de suite. J’aimerais tellement revenir en arrière,  personne ne mérite d'avoir sa vie entre les mains d'un autre humain. Viendra alors Thanksgiving, Noël, les anniversaires ou quoi que ce soit… que des familles vont vivre seuls ! Elles ont désormais en leur sein qui ne sera jamais comblé… Savoir que je suis responsable de tout ça me fout en l’air… non pas parce que je suis dans le couloir de la mort, à attendre une mort plus que certaine, mais parce que je suis cet humain…Un humain qui a la capacité de donner et inspirer la vie. C’est vraiment ce que je ressens. Personnellement, je te mentirais si je te disais que j’ai ressens autre chose car je ne le connaissais pas personnellement.

Voici ma petite interview de Kevin Watts. Si vous avez des commentaires merci de me le faire savoir !

Pour écrire à Kevin qui recherche également des correspondants:

Kevin Watts 999456
Polunsky Unit
3872 FM 350
Livingston TX 77351 USA


Loose Change

For the next several weeks I will be conducting interviews with my fellow death row inmates. This first interview is of me, Travis, asking Kevin Watts questions. This is an opportunity for us to share our views and thoughts to people who wonder about us and what we go through. Please free to ask us questions.

Travis: What is the public’s #1 misconception about the death penalty?
Kevin: That this couldn’t happen to them or one of their loved ones. I mean let’s say someone dear to them happens to commit a crime that requires the death penalty. All perceptions would alter. What’s justice would become injustice. So before you or anyone posse’s judgment on someone put yourself in those shoes and would you wish the death Penalty on self or loved one.

Travis: Did you have adequate representation at trial?
Kevin: Yeah considering the fact they were trained for criminal law and know the law. But sufficient representation, NO! Because even though they were trained and know the law, they didn’t fight to save my life as if I’d paid them millions or thousands of dollars or if I was innocent. You get what you pay for and people tend to look at you as less than human if they figure you’re guilty.

Travis: If you could change one thing in your life what would it be?
Kevin: I would have stayed in school. I could have gone a lot further with a diploma then a criminal record. I despise poverty, but I’m grateful because it taught me value and I’m not talking about the definition from the dictionary.

Travis: Have you had the support of family since your incarceration?
Kevin: Financially, no! Physically, No! Emotionally, spiritually, soulfully? Yes, yes and yes! The memories and moments we shared and created get me trough this madness. Though they aren’t here as would want they are, here is some way and that’s what matters… just making the best out the worse; something I have learnt to do throughout my life. They don’t help me on my case, don’t come see me or write much, but the love remains. True love is better and worse, rich, poor, till death and beyond.

Travis: How do you feel about the victims of your alleged crime?
Kevin: I am not able to curse, but it’s 2 words that would express how I feel, I will sub the words with it “Messed up!” It’s a cycle you see, they were victimized by a victim and so on. I really wish I could turn back the hands of time, coz nobody deserves to have their lives in another human’s hand. Come Thanksgiving, Christmas, Birthdays or whatever. There is a gap that will never be filled in by their family… knowing that I am responsible of that, messes me up, not coz I am here on death row, awaiting my death, but coz I am human. A human that has the ability to give and inspire life. Emotionally, that’s what I feel. Personally, I’d be lying if I said I felt something coz I don’t know them personally.

This conducts my short interview with Kevin. If you have any comments please let me know...


 
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