Avertir le modérateur

02/04/2008

Je ne veux pas mourir ici

Palabres entre détenus362ff148bb6da08fe4b4fd59ddd9bd47.jpg

Travis: Depuis que tu te trouves enfermé ici dans le couloir de la mort, qu'as-tu fait pour démontrer que tu mérites une seconde chance ?

Anthony Doyle: Je ne sais pas si j'ai fait quelque chose pour mériter une deuxième chance dans la vie. Tout ce que j’ai fait jusque maintenant, c'est de d’exprimer des remords et des regrets pour le crime que j’ai commis.

Travis: Mais si on pouvait revenir en arrière, si le juge te demandais « pourquoi ne devrais-je pas vous condamner à mort ? » que lui diriez vous ?
Anthony: Je ne sais ce que je lui dirais… Il pourrait ne pas me croire ? A vrai dire, Je n'ai jamais pensé à ça.
Travis: As-tu une femme ou une amie? Si ce n’est pas le cas, pourquoi pas ?
Anthony: Non, je n’en ai pas! Parce que je ne crois que je dois avoir une. Ça me parait inutile dans cette situation d’avoir une relation et ce parce que mon destin est voué à l’échec. Je ne ressens pas la nécessité de m'impliquer dans une relation.
Travis: Mais tu n’as jamais eu envie de te sentir aimé et désiré par une femme?
Anthony: Oui, mais en même temps, à quoi bon être aimé, avoir une petite amie si on ne peut pas se voir ou se marier ? Je ne veux pas d'une relation parce que je ne peux rien faire pour celle que j’aimerais en particulier dans un sens physique, je considère que pour aimer une lettre ne suffit pas.

Travis: Comment ta fille a-t-elle vécue ta condamnation à mort?
Anthony: Elle n’est pas très consciente de ma situation. En tout cas elle vit sans son père pour prendre soin de sa vie…
Travis: Donc elle ne sait pas que tu vas être exécuté par l’Etat du Texas ?

Anthony: Non, pas encore. Elle n’a que 5 ans.
Travis: Quelqu’un lui expliquera t’elle ?
Anthony : Je ne veux pas qu'elle pense que je n'étais pas là par choix. Elle mérite de savoir.
Travis: Gardes tu espoir que la cour suprême interdise la condamnation à mort par injection létale ?

Anthony: Je n'ai aucune attente à ce sujet. Mais ce serait vraiment bien que cette décision soit prise. . J'espère qu'ils prendront cette décision mais je ne veux pas me faire trop d’illusions.

Travis: Donc, si cette la mise à mort par injection est abandonnée, seras tu satisfais d’une peine d’emprisonnement à vie ?

Anthony: Honnêtement, oui! Même si je vais passer le reste de ma vie en prison. Je préfère mourir vieux en prison plutôt qu’à 23 ans.
Travis: Comment parviens tu à trouver l’énergie pour te lever chaque matin, et à accepter ce confinement?
Anthony: Que puis-je faire? Le seul moyen de faire quelque chose est de me suicider et je ne vais pas le faire.
Travis: Je ne te parle pas de vivre mais d’exister.
Anthony: Tant que je suis vivant, je respire. Je ne peux pas me blâmer mon être d'être ici, mais plutôt blâmer mon âme et ma conscience.

Loose change

Travis : What have you done since you’ve been on death row to prove you deserve a second chance of life?

Anthony Doyle : I don’t know if I’ve done anything to deserve a second chance at life. All I can do is be remorseful for what I did.

Travis : But what I’m asking is if the judge called you back and asked you, why should I give you life, what would you tell him?

Anthony : I wouldn’t know what to tell him. He may or may not believe me. I’ve never thought of that.

Travis : Do you have a wife or girlfriend? If no why not.

Anthony: No I don’t! Because I don’t feel I should have one, it’s pointless in this situation and it’s destiny to fail. I don’t feel the need to get involved in a relationship.

Travis: But don’t you want to feel loved and wanted by a woman?

Anthony: Yes, but at the same time you can always be loved by somebody but you don’t have to be married or call them your girlfriend. I don’t want a relationship because I can’t do nothing for them at all especially in a physical sense, I don’t feel as a letter is enough.

Travis: How has your daughter been affected by your death sentence?

Anthony: She doesn’t know any better and she doesn’t have her father there to take care of her life I’m supposing to as a father.

Travis: So she doesn’t know the state is going to try to kill you?

Anthony: Not yet she’s only 5.

Travis: Do you have plans to have it explained to her in the future if you’re executed?

Anthony: I don’t want her to think I wasn’t there by choice. She deserves to know.

Travis: Do you have high hopes that the Supreme Court will overturn lethal injection or do you not care?

Anthony: I don’t have hopes but it would be nice. I don’t want to die here. I hope they would but not too high.

Travis: So if they overturn it, you will be happy with life sentence?

Anthony: Honestly, yes! Because either way I’m gonna spend the rest of my life in prison. I’d rather die old in prison then die now at 23 years old.

Travis: Why do you get up every morning and accept this confinement?

Anthony: What can I do about it? The only way to do something about it is to commit suicide and I’m not going to kill myself.

Travis: This is not living it’s existing.

Anthony: As long as I’m breathing I’m living. I can’t blame me for me being here but myself.

26/03/2008

Ma vie fait Naufrage

Petit message à votre attention !
Tout le monde peut s’exprimer librement sur ce blog. Chacun peut partager son point de vue voire même ses sentiments. J’apprécie que de nombreuses personnes soient sensibles à mon cas et plus généralement à celle des personnes oppressées. Mais je pense que si certains contributeurs de ce blog commentent sans jamais se remettre en question, on peut douter de leur sincérité. Petit billet:

Vivre jusqu’au dernier souffle
La fin est proche, et mon cœur s’emplit de peur.
Ils veulent me tuer et surtout pas me guérir.
Comment pouvez-vous être vrai avec moi si vous ne me sentez pas ?
Je passe mon temps à penser pendant que ma vie, elle fait naufrage.
Je ne veux pas abandonner, et leur donner satisfaction
Je me battrais pour la vie et ce jusqu’à la dernière nuit
Ma famille et mes amis seront là, ils assisteront à ma fin.
Que faire pour arrêter ça ? Pour que ça ne se reproduise plus ?
Je ne veux pas mourir vainement sans leur avoir montré qu’on ne joue pas avec la vie des uns et des autres.
J’aimerais leur ouvrir les yeux sur leurs mensonges.
Se diront t’ils : Après tout ce n’est qu’un numéro ?
Un numéro placé sur une liste en fonction de la gravité de ses erreurs ?
Un jour peut être, vous entendrez mes hurlements ?
Je’hurlerais à l'âme de ceux qui m’ont condamné ?
Oui, j’étais effronté, mais vous vous étiez si froid, si dur.
Banni de la planète, je siège dans cette cellule à perdre mon temps.
Je résisterai du mieux que je peux…Jusqu’à la fin.

Anyone can talk big, say lofty things about their feelings, insist on how much they care for us, and also for all oppressed people. But if they never behave in a way that will back up their words we begin to doubt their sincerity.
Living to the end
The time is near and my heart is in fear
They want to kill me but not heal me
How can you be real with me if you don’t feel me?
All the time I’m thinking while my life is sinking
Don’t want to surrender and make them a winner
Gonna fight for life to the last night
My family and friends will witness the end
What can we do to stop this from happening again?
Don’t die in vain but make it plain that life is not a game
Open their eyes to help them see the lies
They will wonder is he just another number
Placed down under after all his blunders
But he will rise and you will hear his cries
Screaming from the soul to all those he told
Yes it was bold but you were so cold
Banished from the planet while I sit in the wind
Watching, living to the end

14/01/2008

Survivre ou sombrer

Voici une nouvelle interview réalisée avec Kevin le 22 décembre dernier. 

Travis : Pourrais tu expliquer aux lecteurs pourquoi ils doivent s’opposer à la peine de mort ?

Kevin : Quand une lionne donne naissance, la lionne allaite, enseigne et protège son petit jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour survivre dans un environnement hostile où seuls les plus forts survivent. Tant de personnes ont été supprimées pour survivre dans une atmosphère qui dicte vos décisions et qui est nuisible à votre personne.

Travis : Comment décrirais-tu ton état d'esprit, ta situation à l’époque où tu as commis ton crime ?

Kevin : J’avais le choix entre survivre ou sombrer dans  la pauvreté. Mon obsession : nourrir et habiller mes filles, payer mes factures et ce par tous les moyens. Pour ceux qui ne me connaisse pas, j'ai été viré de l'école à cause mon absentéisme et non de mes résultats scolaires. Ça m’a mené à la rue où j’avais deux alternatives : crever ou survivre.

Travis : On connait l’importance du paternel dans l’épanouissement des enfants, disposais tu d’un référent masculin ?

Kevin : A l’âge de 4 ou 5 ans, ma mère et ma tante n’ont pas eu d’autre choix que de jouer le rôle du père : il s’est cassé. En tant que garçon, je ne les ai pas acceptés… avec du recul je me dis que c’était vraiment des pères, ces deux bonne-femmes ! Donc j’ai eu peu de considération pour les adultes et ce jusqu’à ce que je murisse pour me rendre compte de l’importance du rôle que ces deux femmes ont joué dans ma vie. Voilà à quoi ressemblait la figure du « père » dans mon enfance.

Travis : Qui t’a enseigné les notions de responsabilité, de respect et le fait d'être un homme ?

Kevin : Je dirais plutôt « qu’est ce qui » ! La rue m’a tout appris. Les expériences comme : Etre responsable de moi-même, le fait de ne rien avoir, le fait d’avoir trahi m’a permis de grandir plus vite que les autres… Dans la rue, personne ne te respecte si tu n’as pas de fierté. Personne ne te tendra la main, si tu ne montres pas que tu es capable de te gérer, de faire tes preuves et de montrer que toi aussi t’es un dur  !

Travis : Ca ne fait pas très longtemps que tu es là dans le couloir de la mort, mais ces quelques années t’ont-elles changée?

Kevin : Maintenant, je pense plus clair et plus droitement. Beaucoup de stress et de pressions s'étaient accumulés au cours d’années de course et d’ennuis en tout genre. Je suis reste le même, Kevin, juste sobre. Vous entendez parler seulement du crime qui finalement ne représente que 2 heures de ma vie : avant j’avais vécu 26 ans. Il y a eu tellement d'heures dans ma vie dont ne connaissez rien: bonnes ou mauvaise heures de la vie, comme chacun d’entre nous sur cette planète.

« Loose Change II»

December 22th, 2007

Travis : Could you explain to people why they shouldn’t believe your reason for being against death penalty, is because you are on death row?

Kevin: When a lioness gives birth, the lioness feeds, teaches and protects the cub until its old enough to stand on it is on to survive in a environment where only the strong survive. So many people have been eradicated for surviving in an atmosphere that dictates your decisions and is detrimental to your person.

Travis: How would you describe your mind state in life at the time of your crime?

Kevin: My mind states were surviving or succumb to poverty. Put food on the table, pay the bill and clothes on my daughters back by any means. For those who don’t know me, I was kicked out of school because of absences (not due to my academic skills) which led me deeper into the streets survive or succumb.

Travis: Did you have a father figure in your life growing up?

Kevin: My mom and aunt adapted to the shoes my father left behind when I was 4 or 5. As a boy, I didn’t accept them as I see them now, father figures. So I segregated woman’ Man, and it wasn’t till I was older that I realized the roles they carried out. A father figure being one.

Travis: Who taught you about responsibility, respect and being a man?

Kevin: More like what! It was the streets that taught me. The experiences of being on my own, having nothing, being betrayed forced me to grow up quick, because nobody respects you if you don’t have self respect. Ain’t anybody feeling sorry for you if you are not able to stand on your own two feet-tough love!

Travis: How have the last few years on death row changed you as a person?

Kevin: I’m thinking more clearly and straight. All pressure and stress had built up over the years of ripping and running. I’m still the same Kevin, just sober. You only hear of the crime that probably lasted 2 hours. I’ve been living for 26 years. There is so many hours of my life you haven’t heard, good and bad hours, like everyone on the face of this earth.

09/01/2008

Les choses de la vie...

Voici quelques éléments que je souhaitais partager avec vous.

Aux Etats-unis, 3000 personnes sont enfermées dans le couloir de la mort dans 38 états.
Les handicapés mentaux et les mineurs ne sont plus éligibles à la peine de mort.
Il y a eu à peu prés 124 exonérations depuis 1973.
Plus de 60% des condamnés du couloir de la mort au Texas sont issus des minorités.
Il y a eu plus de 1000 exécutions aux Etats-Unis depuis 1976.
L’état du Texas a ordonné l’exécution de 400 personnes depuis 1976.
Depuis 1977, les états du Texas, de la Virginie et de l’Oklahoma totalisent à eux seuls 60% de toutes les exécutions aux Etats-Unis.
Aux Etats Unis, 7666 personnes ont été condamnées à mort entre 1973-2005.
2190 personnes ont vu leur sentence ou leur peine révoquée.

« Les 10 meurtriers »
Texas : 390 condamnés à mort
Arizona : 124 condamnés à mort
Alabama : 195 condamnés à mort
Georgie : 107 condamnés à mort
Floride : 397 condamnés à mort
Caroline du nord : 185 condamnés à mort
Tenesse : 107 condamnés à mort
Pennsylvanie : 224 condamnés à mort
Ohio : 191 condamnés à mort

Facts of life

Here are few datas that I wanted to share with you :

3000 people sit on deathrow in 38 states in the USA.
Mentally retarded and under 18 can no longer be given the death penalty.
Over 124 exonerations in the USA since 1973.
Over 60 percent of all people on Texas deathrow are nonwhite.
There have been over 1000 executions in the USA since 1976.
Texas has killed over 400 people since 1976.
Since 1977 Texas, Virginia and Oklahoma has accounted for 60 percent of all executions in the USA.
7666 people have been sentenced to death betwen 1973-2005.
2190 have had their sentence or conviction overturned.

« 10 states of death »
Texas : 390 on deathrow
Arizona : 124 on deathrow
Alabama : 195 on deathrow
Georgia : 107
Florida : 397
North Carolina : 185
Tenesse : 107
Pennsylvania : 224
Ohio : 191

31/12/2007

Wrong Direction

Mauvais Chemin…

Je n’oublierais jamais les premiers jours de septembre 1992. Cette période a été la plus marquante de mon existence. J’en ressens encore les conséquences aujourd’hui. A cette époque, je revenais à peine d’un long voyage à travers l’Asie. J’ai parcouru Tokyo, au Japon et Bangkok, en Thaïlande. Nous avions rendu visite à Ricky, le plus jeune frère de papa qui enseignait l’anglais à Tokyo. Avant notre départ en Asie, Papa, ma belle-mère et ma sœur projetaient de déménager de Dallas pour la ville natale de ma belle-mère dans le Mississipi. Quand je suis revenu de mon voyage à l’étranger, ma belle-mère vivait toujours à Dallas avec mon frère, mais papa, lui, était déjà dans le Mississipi. J'ai alors demandé à ma belle mère si je pouvais vivre avec eux. Elle a donc appelé papa pour en discuter, finalement ils ont refusé. J’ai été bouleversé par leur réponse car je voulais absolument échapper à la ville et à toute sa folie. Dés lors j’ai du retourner vivre chez maman.

J’avais auparavant toujours vécu chez maman : Maman a été une bonne mère, mais elle n’a jamais su s’entourer, je veux dire que ses petits copains étaient peu fréquentables. Résultat : je me suis retrouvé à cohabiter avec ma mère et son petit copain qui est devenu mon beau-père. C’était un consommateur de drogue, maman était alcoolique. Au cours de mon enfance, j’ai passé la majeure partie de ma vie avec elle avec parfois des week-ends ou des petits moments avec papa. J’ai été scolarisé dans dix écoles différentes de l’âge de 5 à 16 ans. Quand maman et son mec étaient bourrés, ils se battaient. Ne parvenant pas à les séparer, j’allais chercher mon grand-père pour mettre un terme à leur combat. Quand Keith, le mari de ma maman, était en prison, nous sommes restés avec ses parents. Dès lors, Keith et Moi ne pouvions plus nous supporter. On se détestait au plus haut point. J’avais 14 ans lorsqu’il est sorti de prison, et il n’a pas mis longtemps à battre à nouveau maman. La première fois que j’ai essayé de l'arrêter, il m'a saisi par la gorge et m'a jeté au plancher. Je l’ai signalé à la police et ils sont intervenus et l’ont à nouveau emprisonné. Nous avons plié bagages pendant quelques temps avec ma grand-mère, mais quand il est resorti, nous sommes retournés vivre avec lui. Au début, ça allait, mais il a recommencé à la battre. Quand j'ai essayé d'appeler la police, il m’a pris le téléphone, il a arraché le combiné et j'ai dû aller à une pompe à essence pour appeler la police. Mais quand la police est arrivée, il s’était déjà envolé. Nous avons donc décidé de déménager encore avec ma grand-mère. Nous sommes retournés vivre avec lui à nouveau un peu plus tard. A l’époque, une femme du nom de Betty m'a donné des choses: un vélo, un ordinateur et pleins d’autre choses qu’elle avait récupéré à son travail, ou que les gens lui avait donné, la plupart de ces cadeaux Keith me les a pris et les a vendus ou echangé contre de la drogue. Un jour tandis que j'allais au lycée – à l’époque, je faisais partis de l’équipe de football de l’école -, notre bus scolaire a eu un accident. Ils ont laissé tous les étudiants dans l'autobus et ont prévenus nos parents pour les rassurer de notre état en leur précisant que nous étions capables d’assister à nos cours. A mon retour de l’école, maman et Keith avait fomenté tout un plan pour attaquer la compagnie de transports et ramasser un max de fric… et de drogues. Ils m’ont alors obligé à faire semblant d’avoir mal au cou et au dos. Ils m’ont emmené chez le médecin, j’ai du porter une prothèse et il m’était interdit de jouer au football. Après un mois de rééducation, j’en ai eu ras le bol de cette mascarade et j’ai décidé de quitter ma mère. J'ai vécu avec un copain d'école et j’ai commencé à trainer avec des types qui étaient pas très clair et qui faisaient des choses illégales : vol de voitures et deal en tout genre. Puisque maman ne m'avait jusque maintenant jamais donné d'argent puisqu’elle même n’en avait pas ou peu, quand j'ai vu tous ces mecs avec du fric, avec de quoi s’habiller et de quoi manger… et bien je m’y suis mis moi aussi et ce malgré les arrestations.

Tout ces problèmes de familles, ces comportements de bandit ont eu lieu au moment où mon oncle m’a demandé de le rejoindre à Tokyo, il le faisait pour me tenir éloigné de tout ça. C'est d’ailleurs pour cette raison que j’ai demandé à papa de le rejoindre au Mississipi à mon retour à Dallas, je voulais tourner la page. J’avais 16 ans. Je ne voulais plus de cette vie là. Mais quand on a 16 ans on n ‘a pas d’autre choix que de vivre chez sa mère. Je suis retourné à l'école mais ça n’a pas porté ses fruits bien au contraire les problèmes et les vieux démons ont resurgis. J’ai donc fini une première fois en prison pour cambriolage. Un an après, je suis sorti, j’avais 18 ans. Je me suis retrouvé dans ce même environnement, et à 19 ans je suis retourné en prison pour cette fois ne pas en ressortir mais attérir dans le couloir de la mort.

---------------------------

Wrong direction

The beginning of september, 1992 is something I wil never forget. I think maybe this time was the most important time in my life and played a significant role in which way my life went. At this time I had just come from a month long trip in Asia. Tokyo, Japan and Bangkok, Thaïland is where I went. I visited my dad’s youngest brother Ricky who was an english teacher in Tokyo. Before I left for this trip, my dad and stepmom and sister where in the process of moving from Dallas, Texas to my stepmom’s hometown in meridian Mississipi. When I got back from my trip over seas, my stepmom was still in Dallas living with my brother but my dad had already left. I told my stepmom I wanted to move with them so she called and asked my dad if I could come with her, but she said no. I was greatly disapointed inside because I wanted to escape the city life and all its madness. So now I would have to go leave with my mom again. She was a good mum but not good in her choice of men. Here is the thing I have went through in my life before going on this trip, with her boyfriend and, on and off again husband. He was a drug user and her an alcoholic. Growing up I lived mostly with my mum but sometimes I would live with my dad for a litle while. I went to ten different schools from 5 years to 16 years old. My mum’s and her siblings all drunk alcohol and they would fist fight each other. We as kids would have to go and to set my grandfather to make them stop fighting. When my mum’s husband Keith was in prison, we stayed with his mum and dad. Me and Keith could not get along and disliked each other. Once he got out of prison I was like 14 and it wasn’t long before he started bitting on my mom. I tried to stop him the first time and he grabbed me by the throat and threw me to the floor. I went and called the police and they came, took him to jail. We moved with my grandmother for a time but when he got out of jail, we moved back in with him. After a while he started to bit her again and when I tried to call police, he had took the phone off the hook so I had to go a gaz station to call police. But when they came he ran away. We moved again with my grandmother. After he got out we moved back with him again. This lady named Betty gave me things like a bike, computer and whatever she could from her job, where people donated things, most of these gifts he took and sold for drugs. While I was going to hightschool, I played football and one morning I was ridding the citybus to school and there was a bus crash. They left all the students on the bus call our parents to let them know we were allright, and would continue on to school. Once I got home from school that day my mom had come up with a plan to sue the bus company for money. They wanted me to pretend I hurt my neck and back. So they took me to a doctor and I had to wear a neck brace and couldn’t play football anymore because of this. After a month of going to therapy I got tired of pretendin and ran away from home and refused to do it anymore. I lived with my friend from school and started anging around guys who were into illegal things. They were stealing cars and selling drugs. Since my mom never gave me money or had any, when I saw this guys had money whenever they wanted I started doing the things they were doing with this come arrest by police. When I started getting in trouble and having this familly problems, this was when my uncle wanted me to come in Tokyo to get away everything for a while. Once I got back to Dallas, that’s why I wanted to go to mississipi with my dad at 16. I wanted to leave all this past behind me. I didn’t believe I could take no more of this type of living. But being only 16 with on choice I lived on with my mum. I went back to school but nothing but trouble followed once and I got back. By MI ended in prison for burglary. Did one year and got out at 18 went to live back in the same invironment and was in prison again by 19 for robbery to never get out again to end up right here on deathrow.

27/12/2007

Une marche à gravir pour avoir la vie sauve

Tout le monde a un chemin tracé dans la vie, une destinée … Mon chemin vient de prendre une nouvelle tournure, et j’espère qu’il me mènera vers de meilleurs lendemains. Désormais, je me sens la force de conquérir le monde. Je pensais que la prison avait ruiné tous mes espoirs et c’est bon de découvrir les surprises que la vie nous réserve.  Après votre rencontre (vous chers lecteurs), après avoir lu les commentaires [mêmes les plus curieux] que vous m’avez laissés, j’ai réalisé que malgré ma situation, la vie m’avait fait une très belle surprise : je vous ai rencontrés. La vie nous réserve tellement de surprises, nos chemins peuvent se croiser pour de nombreuses et diverses raisons : l'amitié, l’amour, les associations, la solitude, l’ennui, la  sympathie… Ce blog c’est pour moi une aubaine: je peux être entendu.

Sincèrement, le chemin sur lequel je me trouve aujourd’hui est une épreuve que je dois remporter coûte que coûte. C'est un défi pour moi parce que la vie m’a semé beaucoup d’embuches. Là où je suis enfermé, j’ai découvert pas mal de choses, malgré tout, et je me remue pour en découvrir encore et encore… Mais finalement vous pourriez me demander, après quoi est ce que je cours ? Et bien je crois que c’est après l’épanouissement et la stabilité. Les contacts électro-épistolaires que nous avons eus m’ont démontré que j’avais encore de nombreuses choses à découvrir. Ça a l’air insignifiant, mais c’est une marche à gravir pour avoir la vie sauve. En résumé, ça me permet d’apprendre pour vivre et de vivre pour apprendre.

Je n’ai auparavant jamais rencontré de personnes qui comprennent ce que représente la notion de chance. Et vous ? Et toi, toi et toi ? Me donnerez-vous une chance ? Tout de ceci, ce blog, ces commentaires et ces mails… Pourraient-ils être le commencement de grandes et nouvelles amitiés ? Avec un certain attachement et beaucoup de dévotion comme fer de lance, rien ne pourrait nous arrêter. Nous pourrions alors prendre des décisions progressistes et productives. Impulser le changement ! Ce qui me touche le plus en découvrant la belle équipe que vous formez -vous internautes- c’est que vous me voyez comme une personne à part entière.  Même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, cela doit-il nous interdire de profiter de cette providentielle rencontre ? Je veux avoir le temps de voir comment ce blog va impulser la naissance d’un groupe de personnes enthousiastes et positives.

Je dois mener mes projets à terme et je dois me fixer des buts, et ce avant que l’Etat ne me tue. Par ce blog, j’ai l’occasion de frapper à cette porte qui s’ouvre sur le monde, me répondra t’on ?

Finding a Path

Everybody has a path in life and mine took a drastic turn for the better. Now I feel like I could conquer the world. Prison I thought ruined my hopes of discovering all the good that’s hidden in life. But after meeting positive people and hearing the curiosity in their words I knew life could be good event in my situation. People cross our path’s for different reasons, from friendship, romance, legal help, loneliness, boredom, sympathy to just be plain heard.To be honest the path I’m on I’m there to win. This is a challenge to me because life has hurdles and secrets like those in the oceans and the seas. I’ve discovered a lot so far alone but I keep moving, what I am searching for? Being complete and stable. My interactions with everyone made me realize I am not complete. It doesn’t take anything but a step to live and learn and learn to live. I have never really ran into people who actually understood chances. Do you? Do you, you and you? Will you give me a chance? Could all of this can be the beginning of future friendships? With some dedication and devotion to what we could stand for, there would be no stopping us. Making decisions that are progressive and productive. What I am missing is the team I see in all of you, people that believe me as a person. Even thought we haven’t meet, should we let that stop us from enjoying what fate has brought together. You are like flowers ready to bloom and with water and attention you can become the most sought after flower in the yard. I want to see as we all grow into great and positive people. I need to get in a situation or in a position to accomplish goals before the state tries to kill me. Opportunity does knock but who is going to answer that knock?

 

21/12/2007

Interview entre condamnés à mort

«Faire bouger les choses»

Dans les semaines à venir, je compte interviewer mes codétenus du couloir de la mort. Cette première entrevue est consacrée à Kevin Watts. Ces échanges sont  l’occasion de partager nos points de vue et nos  pensées avec vous qui vous interrogez peut-être à notre sujet et sur notre situation. N’hésitez pas à nous poser des questions.

dbe0d7811d2d55684fc5839cf4603b6c.jpg



Travis : Quelle est l'idée fausse la plus répandue chez l’opinion publique à propos de la peine de mort?
Kevin : Que ce qui nous arrive ne pourrait jamais leur arriver à eux ni à l’un de leur proche. Je veux dire… disons que l’un de leur proche commette un crime qui le conduise à la peine de mort. Tous leurs préjugés, leurs perceptions changeraient. La peine de mort deviendrait alors une profonde injustice. Par conséquent avant de porter un jugement sur l’un ou l’autre, je les invite à se mettre à notre place, et là enfin, qu’ils se mettent face à cette évidence : souhaiteriez-vous la peine de mort à cet être cher ou à un autre ?

Travis : Considères-tu que tu as été défendu correctement à ton procès?
Kevin : Dans un sens oui, dans la mesure où les avocats sont formés au droit pénal et connaissent la loi. Mais, ai-je disposé d’une défense appropriée, équitable je dirais : non ! Puisque bien qu'ils aient été formés et qu’ils connaissaient la loi, pourquoi n’ont-ils pas plaider pour sauver ma vie comme si je leur avais payé des milliers ou des millions de dollars ou alors encore comme si j'étais innocent ? On peut tout obtenir en payant ; mais on te considère comme un sous homme à partir du moment où ils te regardent comme un coupable.

Travis : Si tu avais l’opportunité de changer une chose dans ta vie, que ferais-tu?
Kevin : J’aurais poursuivi mes études. J’aurais pu aller loin avec un diplôme plutôt qu’un casier judiciaire. J’éprouve beaucoup de dénigrement et de dépit pour la pauvreté, mais je lui suis reconnaissant parce qu'elle m'a enseigné de nombreuses valeurs et j’entends bien sûr un autre sens que le sens factuel du mot pauvreté, je ne me limite pas à sa définition lexicale.

Travis : As-tu été soutenu par ta famille depuis ton emprisonnement ici?
Kevin : Financièrement, non ! Physiquement, non ! Psychologiquement, spirituellement, émotionnellement ? Oui, oui et oui ! Les souvenirs des moments partagés et construits me permettent de m’évader de cette situation atroce. Bien qu'ils ne soient pas présents ici comme je le voudrais, ils le sont quand même à leur façon et c’est le plus important… Tirer le meilleur, même dans la pire des situations : une chose que j'ai apprise au cours de ma vie. Ils ne m'aident pas dans les démarches judicaires, ils ne viennent pas me voir souvent ou m’écrivent rarement, mais il me reste leur amour. L'amour vrai est le pire que tu sois riche ou pauvre et ce jusqu'à la mort et après.

Travis : Que ressens-tu quand tu penses à la victime de ton crime?
Kevin : Je ne peux pas me maudire, mais il existe une expression qui résume bien mon état d’esprit, «j’ai tout foutu en l’air !». C'est un cycle, tu vois, ils ont été considéré victime par une victime et ainsi de suite. J’aimerais tellement revenir en arrière,  personne ne mérite d'avoir sa vie entre les mains d'un autre humain. Viendra alors Thanksgiving, Noël, les anniversaires ou quoi que ce soit… que des familles vont vivre seuls ! Elles ont désormais en leur sein qui ne sera jamais comblé… Savoir que je suis responsable de tout ça me fout en l’air… non pas parce que je suis dans le couloir de la mort, à attendre une mort plus que certaine, mais parce que je suis cet humain…Un humain qui a la capacité de donner et inspirer la vie. C’est vraiment ce que je ressens. Personnellement, je te mentirais si je te disais que j’ai ressens autre chose car je ne le connaissais pas personnellement.

Voici ma petite interview de Kevin Watts. Si vous avez des commentaires merci de me le faire savoir !

Pour écrire à Kevin qui recherche également des correspondants:

Kevin Watts 999456
Polunsky Unit
3872 FM 350
Livingston TX 77351 USA


Loose Change

For the next several weeks I will be conducting interviews with my fellow death row inmates. This first interview is of me, Travis, asking Kevin Watts questions. This is an opportunity for us to share our views and thoughts to people who wonder about us and what we go through. Please free to ask us questions.

Travis: What is the public’s #1 misconception about the death penalty?
Kevin: That this couldn’t happen to them or one of their loved ones. I mean let’s say someone dear to them happens to commit a crime that requires the death penalty. All perceptions would alter. What’s justice would become injustice. So before you or anyone posse’s judgment on someone put yourself in those shoes and would you wish the death Penalty on self or loved one.

Travis: Did you have adequate representation at trial?
Kevin: Yeah considering the fact they were trained for criminal law and know the law. But sufficient representation, NO! Because even though they were trained and know the law, they didn’t fight to save my life as if I’d paid them millions or thousands of dollars or if I was innocent. You get what you pay for and people tend to look at you as less than human if they figure you’re guilty.

Travis: If you could change one thing in your life what would it be?
Kevin: I would have stayed in school. I could have gone a lot further with a diploma then a criminal record. I despise poverty, but I’m grateful because it taught me value and I’m not talking about the definition from the dictionary.

Travis: Have you had the support of family since your incarceration?
Kevin: Financially, no! Physically, No! Emotionally, spiritually, soulfully? Yes, yes and yes! The memories and moments we shared and created get me trough this madness. Though they aren’t here as would want they are, here is some way and that’s what matters… just making the best out the worse; something I have learnt to do throughout my life. They don’t help me on my case, don’t come see me or write much, but the love remains. True love is better and worse, rich, poor, till death and beyond.

Travis: How do you feel about the victims of your alleged crime?
Kevin: I am not able to curse, but it’s 2 words that would express how I feel, I will sub the words with it “Messed up!” It’s a cycle you see, they were victimized by a victim and so on. I really wish I could turn back the hands of time, coz nobody deserves to have their lives in another human’s hand. Come Thanksgiving, Christmas, Birthdays or whatever. There is a gap that will never be filled in by their family… knowing that I am responsible of that, messes me up, not coz I am here on death row, awaiting my death, but coz I am human. A human that has the ability to give and inspire life. Emotionally, that’s what I feel. Personally, I’d be lying if I said I felt something coz I don’t know them personally.

This conducts my short interview with Kevin. If you have any comments please let me know...


19/11/2007

Un dessin

Un dessin réalisé avec mon codétenu Vincent. Le texte: «L'état du Texas est recherché par les militants anti-peine de mort pour le meurtre de plus de 250 êtres humains»

bb8274337062839d14cc8857c09a86a2.jpg

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu