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20/02/2008

Refuser la captivité quelque en soit le prix

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Enfants, on peut grandir dans un environnement confortable ou bien dans une grande précarité. Ici, il n’y avait pas de juste milieu, pas de classe moyenne. J'ai eu l'occasion de voir et de vivre des deux côtés. Du côté de papa, il y avait pas mal d’argent alors que du côté de maman c’était la misère. Et le plus étrange dans tous ça, c’est que dans la famille de maman on était plus affectueux et plus tendre les uns avec les autres. J’en conclue que lorsqu’on rencontre des difficultés et des moments difficiles on apprécie différemment et mieux la vie. Quand les choses deviennent faciles, elles sont très vite considérées comme dues. Je suis ici dans le couloir de la mort et je vois combien bien plus que les murs qui nous séparent, d’autres barrières nous divisent mes codétenus et moi-même (gangs, origines ethniques, religion…) Pourtant nous partageons la même condamnation, nous serons tous exécutés sous peu, alors pourquoi ne pas être solidaires les uns des autres et abattre ces barrières invisibles qui nous séparent ? C’est comme si tout ce que nous faisions ici au quotidien nous empêchait d’abattre ces barrières. Ici il y a des personnes qui ne veulent pas finir en prison pour le reste de leurs jours alors que d’autres au contraire le souhaitent. Quand un homme choisit de ne pas vivre emprisonné comme un animal et de ne pas laisser tomber ses appels et sa procédure judicaire pour sauver sa vie et bien, on commence à ériger des barrières autour de lui. Nous ne pouvons pas médire à propos de cet individu car sa vie lui appartient, à lui d’en profiter ou d’en finir. L’essentiel c’est de ne pas être affecté. Refuser la captivité quelque en soit le prix, voici mon moteur. Nous ne parviendrons de toutes manière pas à enlever ces barrières tant nous sommes obsédés par le fait que quoiqu’il arrive nous sommes physiquement séparés les uns des autres et ce en permanence. Il y a différents combats à mener ici en prison comme par exemple le combat contre le système carcéral qui est l’exemple type de ce qui nous divise ici. Malgré que je sois en désaccord au sujet de la façon dont chacun aborde ce problème, je suis d’accord avec leur façon de lutter. Nous devons juste nous organiser car pour être crédible et faire bouger les choses il faut être uni. Je le constate régulièrement lorsque beaucoup m’interroge : « pourquoi as-tu besoin de gens pour faire les choses ? Fais les tout seul, tu n’as pas besoin d’aide ! ». Je réponds systématiquement : « C’est Faux ! » S’il y a un problème avec la nourriture, la propreté des vêtements, etc... Si un ou deux détenus émettent des doléances et les 300 autres ne se manifestent pas, et bien, la direction de la prison ne verra pas telle ou telle chose comme un problème, puisque la majorité n’aura rien dit, et pour cette raison elle considérera que tout va bien. Mais si 25 ou 30 personnes se mobilisent, la direction se dira tient si autant de détenus s’agitent ce n’est pas pour rien, du coup elle interviendra pour « régler » le problème. La puissance des nombres « sans sacrifice il n’y a aucun changement, sans changement il n’y a aucun progrès ». Si quelqu’un choisit de combattre pour sauver sa vie du moins à peu prés les 10 années qui lui restent à vivre dans une cellule ridicule voilà le choix auquel nous devons nous plier : l’Action contre l’immobilisme ! Dans la vie, on doit vivre et assumer les décisions qu’on choisit de prendre.

 « Two Sides »

When we grew as kids there were 2 sides to every fence. You grew up rich or poor .There was no middle. I had the opportunity to see both sides. My dad’s side of the family had lots of money and my mother’s side was poor. But the strangest up thing about this is my mom’s family was more loving and caring for each other. I guess when you have to throw hardships and tough times it makes you more appreciative of life. When things come easy they are usually take, for granted. As I sit here on death row I noticed we have fence between us as inmates. Being that we are all facing the same punishment (execution) we need to start in the direction which will remove this fence from between us. It seems as if everything we do here in our interaction with each other on a daily basis we erect barriers between each other. You have people who don’t want to live in prison for the rest of their lives and you have people that do. If a man chooses not to live like an animal and drop his appeals we start erecting barriers .We cannot talk down against this individual because his life is his to live or end. If you as an individual let it affect you what he does it’s one or two things. Either he’s not doing what you think he should be doing or he’s doing what you don’t have the guts to do. Which is refuse captivity at any cost? As long as we keep barriers between us we will never try to remove them because we are always focused on being separated .There are different fights going on prison against the system which is an example of this division. Even though I may disagree about how everyone is going about this, but I agree with what they re doing. We must organize as a group before change is even a consideration. I see it all the time were others say “why you need help to get thing done, do it yourself you don’t need help”. “Wrong” If there is a problem with food, clothes sanitation, etc…  If one or two people say something and the other 300 people don’t, they do not see it as a problem because if so many people accepted it, it must be right. But if even 25 to 30 people do something they will know something is wrong because that many people don’t just cause problems for nothing. Numbers equal power “without sacrifice there is no change, without change there’s no progress”. If anyone chooses to fight for their life the next 10 years in a 9y12 cell that’s their choice to make. You must live with the decisions you make in life.

18/02/2008

Insuffler un peu d'espoir

e7f7d664783b8e33a34674c33f2de9bd.jpgPetit aperçu de la dernière visite de Virginie à Travis le 4 février dernier.

«  8h15. J'attends Travis. Il sera là dans 20 mn, car sa cellule se trouve dans le bloc le plus éloigné.  Voilà, c'est notre dernière visite, on aura eu 6 heures, étalées sur 3 jours, au lieu de 10 s'il n'avait pas été en niveau 2, mais c'est déjà bien. C'est important d'être présent même si tout n'est pas parfait. On a pu faire des photos. A Polunsky, on ne peut les faire que la première semaine du mois. On n'en a fait que 3 car elles coûtent 3 dollars chacune !! Et je ne peux apporter que 20 dollars, il faut donc en garder pour la nourriture. Je n'ai pas voulu l'embêter pendant nos premières visites sur des questions très "terre à terre" : procès, conditions de vie.... mais plutôt lui changer les idées, qu'il ait l'impression "d'évader" son esprit un petit peu. Mais ce dernier jour et cette dernière heure, j'ai essayé de lui insuffler un peu d'espoir car Travis à un caractère fort mais il a du mal à garder son moral en haut. Il a besoin d'entendre des gens qui le "force" un peu à ne pas abandonner, à garder la foi et de continuer à espérer. Les choses bougent en Amérique, et un jour, peut-être, parce que des centaines de gens y consacrent leur temps et leur énergie à l'extérieur, LA PEINE DE MORT SERA ABOLIE. Il doit regarder devant pour ne pas sombrer et abandonner. Beaucoup de détenus abandonnent, se suicident ou sont volontaires pour avancer leur date d’exécution et laisser tomber tous leur recours. C'est difficile de donner des conseils lorsque l'on est en liberté, et d'avoir conscience de sa liberté. Mais je ne peux pas le quitter ce jour là, sans lui faire comprendre qu'il n'est pas seul, et que je viendrais aussi souvent que je le pourrais. Que sa vie à un sens, bien qu'il pense avoir tout gâché, tout raté, que sa vie ne vaut pas grand chose, et bien pour moi, sa vie a autant de valeur que n'importe quelle autre, il doit en être conscient et apprendre de tout cela. Que sa vie d'aujourd'hui ouvre son esprit d'une manière différente. Regarder sans cesse son passé, n'effacera pas  ce qui est arrivé. Il faut vivre avec tout ça. "
 
Concernant l’association

Merci aux nombreux lecteurs ayant proposé leur aide. Pour l’instant le projet est en gestation mais son lancement est imminent. Si vous souhaitez prendre une part active à cette association, merci de contacter Virginie : vtamowskikrynicka@hotmail.fr

14/02/2008

Looking for my Valentine

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Beaucoup de gens me condamnent. J’ai commis un crime et chaque jour est pour moi une épreuve. Je paye cher le prix de cette erreur. Je suis puni, condamné à une exécution par injection. Le peu de temps qu’il me reste je veux le consacrer à sauver ma vie et sensibiliser les uns et les autres au drame qui se trame ici dans le couloir de la mort. Aujourd’hui est une fête spéciale, c’est la fête des amoureux… Croyez vous qu’en tant que condamné à mort j’ai le droit à l’amour ? J’ai été emprisonné très jeune, et mes expériences amoureuses se comptent sur une main… Je vis une double peine ici : ma condamnation à mort et un terrible vide affectif. Je ne vais pas renier l’amour que je reçois à travers vos messages de soutien, ou les courriers de mes correspondants. Et l’Amour, le vrai, j’aimerais tellement être aimé… Recevoir des mots d’amour ! Je voudrais vivre un amour vrai même si il y a peu de chance que je puisse un jour le concrétiser, mais je voudrais ressentir ce que j’ai lu dans des romans : les palpitations, les mains moites, sentir mon cœur se serrer en découvrant les lettres de celle qui m’écrirait. C’est une bouteille à la mer que j’envoie aujourd’hui :  toi celle qui sera sensible à ces mots, toi celle qui sera disposée à m’ouvrir ton cœur et à remplir le mien de lumière écris moi…

Travis Runnels #999505 Polunsky Unit 3872 FM 350 Livingston, Texas 77351 USA

30/01/2008

un détenu s'est suicidé la veille...

Virginie a rendu une dernière visite à Travis avant son retour en France

"Travis vous passe le bonjour à vous tous! Je lai vu mardi matin pendant 2 heures. J'ai du l'attendre pendant au moins 40 minutes. J'ai même commencé à m'inquiéter, d'autant que d'autres détenus recevait des visites avec des gens de ma connaissance. J'ai alors appris qu'un détenu c'était suicidé  la nuit précédente en se tranchant la gorge - Il s'agit de J. Flores, il avait 25 ans-. La police des polices était donc là pour enquêter, c'était une ambiance trés particulière marquée par une tension extrême, c'était impressionnant. J'ai vu l'avocate de Travis, qui était là pour un autre dossier,. Je suis parvenue à lui parler. Elle s'appelle Alma, et vient du TDS texas defenders services, ce ki est une bonne chose.

Travis avait preparé des affaires et des documents qu'il voulait me remettre mai la "supervisor" lui a par pure provocation interdit de me les remettre, en prétextant que c'était prévu pour lundi et non aujourdui (mardi). Travis a donc commencé à s'énerver... du coup j'ai fait de mon mieux pour le calmer et apaiser la situation; finalement elle me les a données. Les machines à nourritures ont été reparées, g pu lui acheter ces sandwichs et cheesecake kil aime tant !!"

22/01/2008

Erreurs de jeunesse

Pour éviter les malentendus,
Voici le parcours « pénitentiaire » de Travis:
Eléments antérieurs au meurtre:

Peine de cinq ans pour le cambriolage d'un bâtiment de comté de Dallas ;
Peine de soixante-dix ans pour vol aggravé  comté de Dallas.

Résumé des évènements qui ont conduit Travis dans le couloir de la mort:
Le 29 janvier 2003, Travis Runnels emprisonné à la prison de Bill Clements au Texas, a fatalement poignardé un surveillant dans l'usine à chaussures dans laquelle il travaillait.
(Source : casier judicaire de Travis visible en ligne sur le site du TJDC )
 
Du point de vue juridique,
Travis a déjà présenté deux appels sur la base de témoignages pouvant permettre une nouvelle étude de son cas. Les deux appels ont été rejetés.
Travis vient de récuser son avocat et a décidé d’assurer sa défense seul en vue de son prochain appel.

Mon parcours... jalonné par les arrestations.

1993 : Possession de marijuana

1993 : Cambriolage d'un bâtiment

1993 : Cambriolage d'un bâtiment

1993 : Vol

1993 : Cambriolage d'un bâtiment

1995 : Vol 

Voici la liste des crimes que j’ai commis et qui m’ont conduit en prison. J’ai fait mon premier cambriolage à l’âge de 17 ans : nous avons avec quelques amis forcés l’entrée d’ un magasin de jeu vidéo pour voler des jeux pour les consoles Nintendo. A l’époque, j’étais convaincu que c’était une bonne idée et qu’on pourrait s’éclater; maintenant avec du recul, je vois que ce n'était pas très futé! Non seulement, j’ai été arrêté mais ça m’a également valu l’ouverture d’un casier judiciaire. Aux Etats-Unis, dés que vous commettez un crime et que vous avez un casier, vous ne pouvez plus voter et vous avez de grosses difficultés à obtenir un crédit ou à trouver un travail.  Je n'ai pas réalisé à quel point un petit délit pouvait affecter ma vie et ce de manière irrémédiable. Ce premier vol, je l’ai commis à une époque où j’étais très dépendant des drogues, c’était pour moi le meilleur moyen d’échapper à la vie je menais. Je connais mon cœur et je sais au plus profond de moi que si j’avais été sobre je n’aurais jamais commis ce crime. La drogue ici en Amérique  s'appelle –water/wack/fry- pour ceux qui ne connaissent pas ce type de drogue c'est une cigarette plongée en formaldéhyde, et phényle  cyclohexylique  pipéridine  (PCP). C'est une drogue très nocive et je vous déconseille vivement d’essayer !   Je regrette juste de n’avoir pas eu quelqu'un pour me réconforter et me tenir à l’écart de ces horribles histoires. Je pensais que c’était cool de s’éclater avec les potes, je n’aurais jamais cru que ma vie serait détruite par un incident de parcours – un sombre jour dans mon histoire -.

 « Merci »

Merci… Voilà ce que je voudrais dire à vous tous ceux qui m’ont envoyé des cartes, elles m’ont toutes touchées.
Merci vraiment merci pour votre considération, et que Dieu vous bénissent tous pour votre soutien, vos commentaires et votre présence sur mon blog. 

« Arrest History » 

1993 : Marijuana possession

1993 : Burglary of a building

1993 : Burglary of a building

1993 : Auto theft

1993 : Burglary of a building

1995 : Robbery 

These are the charges that I got probation and went to prison for .The Burglary were when I was 17 and e and some friends broke into video game store to take games , for Nintendo systems . At the time I thought this was a good idea and to have a little fun; but now I see this was not very smart . Not only  did It get  to be arrested but it put a felony on my record . In the U.S.A once you get  felony you can no longer vote plus it’s hard to get a job or credit  . I didn’t realize how much something so small could affect my life forever . Then the robbery I committed was at the time I was using drugs to escape from the life I was living . I know my heart  that if  I was sober there is no way I would have committed that crime . The drug here in America  is called (water) (wack) (fry) if your not familiar with these terms it’s a cigarette dipped in formaldehyde , and phenyl  cyclohexyl  piperidine  (PCP) . This is a bad drug that would advise people to never try. I just wish I would have had someone to warm me off with some horror story. I thought it was cool getting high with the guys , never realizing my life was reading for a major crash and a date with reality .

“Thank you”

this is what I would like to say to the people who’ve sent me cards  so far. Thanks you so much for you consideration and may you be blessed with good luck .

16/01/2008

Chaque jour est pareil que la veille !

Voici une petite citation consacrée à l’univers carcérale que je souhaiterais vous faire découvrir :

« Beaucoup de ce qui est passé pour des moments de joie dans nos vies, sont des moments pour la majorité dus au hasard et nous devons absolument apprendre à jouir de ces plaisirs quand ils viennent : savourer le moment présent ! Nous devons également jouir des frissons qu’ils nous procurent. Tout ça ponctue la monotonie de nos vies. Et mes jours passent lentement ici en ce monde derrière ces murs, où les hommes sont simplement des nombres, distingués ni par nos noms, ni par notre dieu et encore moins nos compétences, mais par la nature de nos crimes. Nous nous habillons tous de la même manière, mangeons tous les mêmes repas, nous lisons tous les mêmes livres usés du même chariot de prison. Chaque jour est pareil que la veille ! »

Il s’agit de l’extrait d’un ouvrage que j’ai lu et je trouve qu’il résume parfaitement ma situation ici bas.

 

Great quote about prison I would like to share

“So much of what passes for excitement in our lives cannot be anticipated, and we must learn to savor spectacles as they come, and appreciate the rare thrills that punctuate the otherwise monotonous passage of time. And my days do pass slowly here in this world behind this walls, where men are merely numbers, distinguished not by our names, nor by our god given talents, but by the nature of our trespasses. We dress alike, eat the same meals, read the same worn books from the same prison cart. Everyday is like another!”

 This came from a book I once read and it speaks perfectly of my situation!     

14/01/2008

Survivre ou sombrer

Voici une nouvelle interview réalisée avec Kevin le 22 décembre dernier. 

Travis : Pourrais tu expliquer aux lecteurs pourquoi ils doivent s’opposer à la peine de mort ?

Kevin : Quand une lionne donne naissance, la lionne allaite, enseigne et protège son petit jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour survivre dans un environnement hostile où seuls les plus forts survivent. Tant de personnes ont été supprimées pour survivre dans une atmosphère qui dicte vos décisions et qui est nuisible à votre personne.

Travis : Comment décrirais-tu ton état d'esprit, ta situation à l’époque où tu as commis ton crime ?

Kevin : J’avais le choix entre survivre ou sombrer dans  la pauvreté. Mon obsession : nourrir et habiller mes filles, payer mes factures et ce par tous les moyens. Pour ceux qui ne me connaisse pas, j'ai été viré de l'école à cause mon absentéisme et non de mes résultats scolaires. Ça m’a mené à la rue où j’avais deux alternatives : crever ou survivre.

Travis : On connait l’importance du paternel dans l’épanouissement des enfants, disposais tu d’un référent masculin ?

Kevin : A l’âge de 4 ou 5 ans, ma mère et ma tante n’ont pas eu d’autre choix que de jouer le rôle du père : il s’est cassé. En tant que garçon, je ne les ai pas acceptés… avec du recul je me dis que c’était vraiment des pères, ces deux bonne-femmes ! Donc j’ai eu peu de considération pour les adultes et ce jusqu’à ce que je murisse pour me rendre compte de l’importance du rôle que ces deux femmes ont joué dans ma vie. Voilà à quoi ressemblait la figure du « père » dans mon enfance.

Travis : Qui t’a enseigné les notions de responsabilité, de respect et le fait d'être un homme ?

Kevin : Je dirais plutôt « qu’est ce qui » ! La rue m’a tout appris. Les expériences comme : Etre responsable de moi-même, le fait de ne rien avoir, le fait d’avoir trahi m’a permis de grandir plus vite que les autres… Dans la rue, personne ne te respecte si tu n’as pas de fierté. Personne ne te tendra la main, si tu ne montres pas que tu es capable de te gérer, de faire tes preuves et de montrer que toi aussi t’es un dur  !

Travis : Ca ne fait pas très longtemps que tu es là dans le couloir de la mort, mais ces quelques années t’ont-elles changée?

Kevin : Maintenant, je pense plus clair et plus droitement. Beaucoup de stress et de pressions s'étaient accumulés au cours d’années de course et d’ennuis en tout genre. Je suis reste le même, Kevin, juste sobre. Vous entendez parler seulement du crime qui finalement ne représente que 2 heures de ma vie : avant j’avais vécu 26 ans. Il y a eu tellement d'heures dans ma vie dont ne connaissez rien: bonnes ou mauvaise heures de la vie, comme chacun d’entre nous sur cette planète.

« Loose Change II»

December 22th, 2007

Travis : Could you explain to people why they shouldn’t believe your reason for being against death penalty, is because you are on death row?

Kevin: When a lioness gives birth, the lioness feeds, teaches and protects the cub until its old enough to stand on it is on to survive in a environment where only the strong survive. So many people have been eradicated for surviving in an atmosphere that dictates your decisions and is detrimental to your person.

Travis: How would you describe your mind state in life at the time of your crime?

Kevin: My mind states were surviving or succumb to poverty. Put food on the table, pay the bill and clothes on my daughters back by any means. For those who don’t know me, I was kicked out of school because of absences (not due to my academic skills) which led me deeper into the streets survive or succumb.

Travis: Did you have a father figure in your life growing up?

Kevin: My mom and aunt adapted to the shoes my father left behind when I was 4 or 5. As a boy, I didn’t accept them as I see them now, father figures. So I segregated woman’ Man, and it wasn’t till I was older that I realized the roles they carried out. A father figure being one.

Travis: Who taught you about responsibility, respect and being a man?

Kevin: More like what! It was the streets that taught me. The experiences of being on my own, having nothing, being betrayed forced me to grow up quick, because nobody respects you if you don’t have self respect. Ain’t anybody feeling sorry for you if you are not able to stand on your own two feet-tough love!

Travis: How have the last few years on death row changed you as a person?

Kevin: I’m thinking more clearly and straight. All pressure and stress had built up over the years of ripping and running. I’m still the same Kevin, just sober. You only hear of the crime that probably lasted 2 hours. I’ve been living for 26 years. There is so many hours of my life you haven’t heard, good and bad hours, like everyone on the face of this earth.

31/12/2007

Wrong Direction

Mauvais Chemin…

Je n’oublierais jamais les premiers jours de septembre 1992. Cette période a été la plus marquante de mon existence. J’en ressens encore les conséquences aujourd’hui. A cette époque, je revenais à peine d’un long voyage à travers l’Asie. J’ai parcouru Tokyo, au Japon et Bangkok, en Thaïlande. Nous avions rendu visite à Ricky, le plus jeune frère de papa qui enseignait l’anglais à Tokyo. Avant notre départ en Asie, Papa, ma belle-mère et ma sœur projetaient de déménager de Dallas pour la ville natale de ma belle-mère dans le Mississipi. Quand je suis revenu de mon voyage à l’étranger, ma belle-mère vivait toujours à Dallas avec mon frère, mais papa, lui, était déjà dans le Mississipi. J'ai alors demandé à ma belle mère si je pouvais vivre avec eux. Elle a donc appelé papa pour en discuter, finalement ils ont refusé. J’ai été bouleversé par leur réponse car je voulais absolument échapper à la ville et à toute sa folie. Dés lors j’ai du retourner vivre chez maman.

J’avais auparavant toujours vécu chez maman : Maman a été une bonne mère, mais elle n’a jamais su s’entourer, je veux dire que ses petits copains étaient peu fréquentables. Résultat : je me suis retrouvé à cohabiter avec ma mère et son petit copain qui est devenu mon beau-père. C’était un consommateur de drogue, maman était alcoolique. Au cours de mon enfance, j’ai passé la majeure partie de ma vie avec elle avec parfois des week-ends ou des petits moments avec papa. J’ai été scolarisé dans dix écoles différentes de l’âge de 5 à 16 ans. Quand maman et son mec étaient bourrés, ils se battaient. Ne parvenant pas à les séparer, j’allais chercher mon grand-père pour mettre un terme à leur combat. Quand Keith, le mari de ma maman, était en prison, nous sommes restés avec ses parents. Dès lors, Keith et Moi ne pouvions plus nous supporter. On se détestait au plus haut point. J’avais 14 ans lorsqu’il est sorti de prison, et il n’a pas mis longtemps à battre à nouveau maman. La première fois que j’ai essayé de l'arrêter, il m'a saisi par la gorge et m'a jeté au plancher. Je l’ai signalé à la police et ils sont intervenus et l’ont à nouveau emprisonné. Nous avons plié bagages pendant quelques temps avec ma grand-mère, mais quand il est resorti, nous sommes retournés vivre avec lui. Au début, ça allait, mais il a recommencé à la battre. Quand j'ai essayé d'appeler la police, il m’a pris le téléphone, il a arraché le combiné et j'ai dû aller à une pompe à essence pour appeler la police. Mais quand la police est arrivée, il s’était déjà envolé. Nous avons donc décidé de déménager encore avec ma grand-mère. Nous sommes retournés vivre avec lui à nouveau un peu plus tard. A l’époque, une femme du nom de Betty m'a donné des choses: un vélo, un ordinateur et pleins d’autre choses qu’elle avait récupéré à son travail, ou que les gens lui avait donné, la plupart de ces cadeaux Keith me les a pris et les a vendus ou echangé contre de la drogue. Un jour tandis que j'allais au lycée – à l’époque, je faisais partis de l’équipe de football de l’école -, notre bus scolaire a eu un accident. Ils ont laissé tous les étudiants dans l'autobus et ont prévenus nos parents pour les rassurer de notre état en leur précisant que nous étions capables d’assister à nos cours. A mon retour de l’école, maman et Keith avait fomenté tout un plan pour attaquer la compagnie de transports et ramasser un max de fric… et de drogues. Ils m’ont alors obligé à faire semblant d’avoir mal au cou et au dos. Ils m’ont emmené chez le médecin, j’ai du porter une prothèse et il m’était interdit de jouer au football. Après un mois de rééducation, j’en ai eu ras le bol de cette mascarade et j’ai décidé de quitter ma mère. J'ai vécu avec un copain d'école et j’ai commencé à trainer avec des types qui étaient pas très clair et qui faisaient des choses illégales : vol de voitures et deal en tout genre. Puisque maman ne m'avait jusque maintenant jamais donné d'argent puisqu’elle même n’en avait pas ou peu, quand j'ai vu tous ces mecs avec du fric, avec de quoi s’habiller et de quoi manger… et bien je m’y suis mis moi aussi et ce malgré les arrestations.

Tout ces problèmes de familles, ces comportements de bandit ont eu lieu au moment où mon oncle m’a demandé de le rejoindre à Tokyo, il le faisait pour me tenir éloigné de tout ça. C'est d’ailleurs pour cette raison que j’ai demandé à papa de le rejoindre au Mississipi à mon retour à Dallas, je voulais tourner la page. J’avais 16 ans. Je ne voulais plus de cette vie là. Mais quand on a 16 ans on n ‘a pas d’autre choix que de vivre chez sa mère. Je suis retourné à l'école mais ça n’a pas porté ses fruits bien au contraire les problèmes et les vieux démons ont resurgis. J’ai donc fini une première fois en prison pour cambriolage. Un an après, je suis sorti, j’avais 18 ans. Je me suis retrouvé dans ce même environnement, et à 19 ans je suis retourné en prison pour cette fois ne pas en ressortir mais attérir dans le couloir de la mort.

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Wrong direction

The beginning of september, 1992 is something I wil never forget. I think maybe this time was the most important time in my life and played a significant role in which way my life went. At this time I had just come from a month long trip in Asia. Tokyo, Japan and Bangkok, Thaïland is where I went. I visited my dad’s youngest brother Ricky who was an english teacher in Tokyo. Before I left for this trip, my dad and stepmom and sister where in the process of moving from Dallas, Texas to my stepmom’s hometown in meridian Mississipi. When I got back from my trip over seas, my stepmom was still in Dallas living with my brother but my dad had already left. I told my stepmom I wanted to move with them so she called and asked my dad if I could come with her, but she said no. I was greatly disapointed inside because I wanted to escape the city life and all its madness. So now I would have to go leave with my mom again. She was a good mum but not good in her choice of men. Here is the thing I have went through in my life before going on this trip, with her boyfriend and, on and off again husband. He was a drug user and her an alcoholic. Growing up I lived mostly with my mum but sometimes I would live with my dad for a litle while. I went to ten different schools from 5 years to 16 years old. My mum’s and her siblings all drunk alcohol and they would fist fight each other. We as kids would have to go and to set my grandfather to make them stop fighting. When my mum’s husband Keith was in prison, we stayed with his mum and dad. Me and Keith could not get along and disliked each other. Once he got out of prison I was like 14 and it wasn’t long before he started bitting on my mom. I tried to stop him the first time and he grabbed me by the throat and threw me to the floor. I went and called the police and they came, took him to jail. We moved with my grandmother for a time but when he got out of jail, we moved back in with him. After a while he started to bit her again and when I tried to call police, he had took the phone off the hook so I had to go a gaz station to call police. But when they came he ran away. We moved again with my grandmother. After he got out we moved back with him again. This lady named Betty gave me things like a bike, computer and whatever she could from her job, where people donated things, most of these gifts he took and sold for drugs. While I was going to hightschool, I played football and one morning I was ridding the citybus to school and there was a bus crash. They left all the students on the bus call our parents to let them know we were allright, and would continue on to school. Once I got home from school that day my mom had come up with a plan to sue the bus company for money. They wanted me to pretend I hurt my neck and back. So they took me to a doctor and I had to wear a neck brace and couldn’t play football anymore because of this. After a month of going to therapy I got tired of pretendin and ran away from home and refused to do it anymore. I lived with my friend from school and started anging around guys who were into illegal things. They were stealing cars and selling drugs. Since my mom never gave me money or had any, when I saw this guys had money whenever they wanted I started doing the things they were doing with this come arrest by police. When I started getting in trouble and having this familly problems, this was when my uncle wanted me to come in Tokyo to get away everything for a while. Once I got back to Dallas, that’s why I wanted to go to mississipi with my dad at 16. I wanted to leave all this past behind me. I didn’t believe I could take no more of this type of living. But being only 16 with on choice I lived on with my mum. I went back to school but nothing but trouble followed once and I got back. By MI ended in prison for burglary. Did one year and got out at 18 went to live back in the same invironment and was in prison again by 19 for robbery to never get out again to end up right here on deathrow.

27/12/2007

Une marche à gravir pour avoir la vie sauve

Tout le monde a un chemin tracé dans la vie, une destinée … Mon chemin vient de prendre une nouvelle tournure, et j’espère qu’il me mènera vers de meilleurs lendemains. Désormais, je me sens la force de conquérir le monde. Je pensais que la prison avait ruiné tous mes espoirs et c’est bon de découvrir les surprises que la vie nous réserve.  Après votre rencontre (vous chers lecteurs), après avoir lu les commentaires [mêmes les plus curieux] que vous m’avez laissés, j’ai réalisé que malgré ma situation, la vie m’avait fait une très belle surprise : je vous ai rencontrés. La vie nous réserve tellement de surprises, nos chemins peuvent se croiser pour de nombreuses et diverses raisons : l'amitié, l’amour, les associations, la solitude, l’ennui, la  sympathie… Ce blog c’est pour moi une aubaine: je peux être entendu.

Sincèrement, le chemin sur lequel je me trouve aujourd’hui est une épreuve que je dois remporter coûte que coûte. C'est un défi pour moi parce que la vie m’a semé beaucoup d’embuches. Là où je suis enfermé, j’ai découvert pas mal de choses, malgré tout, et je me remue pour en découvrir encore et encore… Mais finalement vous pourriez me demander, après quoi est ce que je cours ? Et bien je crois que c’est après l’épanouissement et la stabilité. Les contacts électro-épistolaires que nous avons eus m’ont démontré que j’avais encore de nombreuses choses à découvrir. Ça a l’air insignifiant, mais c’est une marche à gravir pour avoir la vie sauve. En résumé, ça me permet d’apprendre pour vivre et de vivre pour apprendre.

Je n’ai auparavant jamais rencontré de personnes qui comprennent ce que représente la notion de chance. Et vous ? Et toi, toi et toi ? Me donnerez-vous une chance ? Tout de ceci, ce blog, ces commentaires et ces mails… Pourraient-ils être le commencement de grandes et nouvelles amitiés ? Avec un certain attachement et beaucoup de dévotion comme fer de lance, rien ne pourrait nous arrêter. Nous pourrions alors prendre des décisions progressistes et productives. Impulser le changement ! Ce qui me touche le plus en découvrant la belle équipe que vous formez -vous internautes- c’est que vous me voyez comme une personne à part entière.  Même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, cela doit-il nous interdire de profiter de cette providentielle rencontre ? Je veux avoir le temps de voir comment ce blog va impulser la naissance d’un groupe de personnes enthousiastes et positives.

Je dois mener mes projets à terme et je dois me fixer des buts, et ce avant que l’Etat ne me tue. Par ce blog, j’ai l’occasion de frapper à cette porte qui s’ouvre sur le monde, me répondra t’on ?

Finding a Path

Everybody has a path in life and mine took a drastic turn for the better. Now I feel like I could conquer the world. Prison I thought ruined my hopes of discovering all the good that’s hidden in life. But after meeting positive people and hearing the curiosity in their words I knew life could be good event in my situation. People cross our path’s for different reasons, from friendship, romance, legal help, loneliness, boredom, sympathy to just be plain heard.To be honest the path I’m on I’m there to win. This is a challenge to me because life has hurdles and secrets like those in the oceans and the seas. I’ve discovered a lot so far alone but I keep moving, what I am searching for? Being complete and stable. My interactions with everyone made me realize I am not complete. It doesn’t take anything but a step to live and learn and learn to live. I have never really ran into people who actually understood chances. Do you? Do you, you and you? Will you give me a chance? Could all of this can be the beginning of future friendships? With some dedication and devotion to what we could stand for, there would be no stopping us. Making decisions that are progressive and productive. What I am missing is the team I see in all of you, people that believe me as a person. Even thought we haven’t meet, should we let that stop us from enjoying what fate has brought together. You are like flowers ready to bloom and with water and attention you can become the most sought after flower in the yard. I want to see as we all grow into great and positive people. I need to get in a situation or in a position to accomplish goals before the state tries to kill me. Opportunity does knock but who is going to answer that knock?

 

 
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